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Cyberattaques: le Maroc concentre 10,6% des événements observés en Afrique

La numérisation élargit l’accès aux services, mais elle multiplie aussi les portes d’entrée offertes aux fraudeurs. Pour le consommateur marocain, la cybersécurité n’est plus une affaire réservée aux informaticiens : elle protège désormais les paiements, les données personnelles et la continuité des services essentiels.

Dans son rapport Africa’s Digital Defense Race, Mastercard classe le Maroc au troisième rang africain des événements cyber observés en 2025. Le Royaume concentre 10,6% des 69.236 événements recensés par le dispositif Mastercard Cyber Insights, derrière le Nigeria avec 24,4% et l’Afrique du Sud avec 12,6%.

L’Égypte suit avec 8,8%, devant le Kenya à 7,1%. Les quatre marchés étudiés de près par Mastercard — Nigeria, Afrique du Sud, Maroc et Kenya — regroupent 54,7% des événements enregistrés sur le continent.

Un classement d’exposition, pas un verdict sur les défenses

Ces données proviennent d’un système privé de surveillance et ne recensent pas toutes les attaques commises dans chaque pays. Elles ne mesurent pas non plus leur taux de réussite. Le rang marocain traduit donc l’exposition observée dans le périmètre de Mastercard, et non une mesure exhaustive de la vulnérabilité nationale.

Le rapport souligne néanmoins l’interconnexion croissante du Maroc avec l’Europe, ses services numériques et ses systèmes de paiement. Plus les flux de données augmentent, plus la surface d’attaque s’élargit. Mastercard relève aussi que 44% des activités malveillantes observées en Afrique visent les entreprises technologiques, les administrations publiques et les services financiers.

Le consommateur supporte le coût final

Une attaque peut provoquer un détournement de compte, une fraude au paiement, une usurpation d’identité ou une fuite de données. Même lorsqu’une banque ou une entreprise rembourse la perte directe, le consommateur supporte souvent les démarches, l’interruption du service et le risque de réutilisation de ses informations.

Le Maroc dispose de la loi 05-20 relative à la cybersécurité, de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information et d’une stratégie nationale à l’horizon 2030. Mais le cadre juridique ne suffit pas si les entreprises, notamment les PME, ne disposent pas de compétences, de systèmes actualisés et de procédures rapides d’alerte.

Pour rappel, Mastercard estime à environ 200.000 le nombre de postes de cybersécurité vacants en Afrique à fin 2025. La protection du consommateur dépendra donc autant des technologies que de la formation, de l’information des clients et de la responsabilité des opérateurs lorsqu’une faille survient.

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