E-commerce marocain: jusqu’à 40% de retours dans un marché encore dominé par le paiement à la livraison

Le paiement à la livraison n’est pas seulement une préférence pour les espèces. Il fonctionne comme une assurance offerte au consommateur : tant que le colis n’est pas arrivé, celui-ci ne prend aucun risque financier. Dans le e-commerce marocain, cette sécurité se paie toutefois par une forte incertitude pour le vendeur.

Le paiement en ligne représente environ 10% des transactions du commerce électronique national. Hamza Naciri Bennani, directeur général de Glovo Maroc, explique que refuser un colis à la porte prend quelques secondes, alors qu’une réclamation bancaire après un paiement par carte peut durer plusieurs semaines.

La commande devient une réservation sans engagement

Avec le paiement à la livraison, l’achat n’est réellement confirmé qu’au passage du livreur. Le commerçant prépare, emballe et expédie le produit sans garantie d’encaissement. Dans le e-commerce non alimentaire, le taux de retour peut atteindre 30% à 40%.

Le coût comprend le premier transport, le retour, la manutention et la remise en stock d’un article parfois déprécié. Ces charges réduisent les marges et peuvent finir par être intégrées aux prix facturés à l’ensemble des clients.

Le cash ralentit aussi la trésorerie

Pour limiter les refus, certains vendeurs emploient des équipes chargées de confirmer les commandes par téléphone. Après la livraison, les espèces collectées peuvent mettre plusieurs jours à parvenir sur le compte du commerçant.

Le paiement à la livraison perturbe également les campagnes publicitaires : les algorithmes peuvent considérer comme rentables des clients qui multiplient les commandes mais refusent ensuite leurs colis.

Glovo atteint 57% de paiements par carte

Glovo Maroc réalise 57% de ses transactions par carte bancaire, bien au-dessus de la moyenne nationale. Cet écart montre que le paiement numérique progresse lorsque la plateforme offre une livraison fiable, des retours clairs et une prise en charge identifiable en cas de litige.

Le basculement dépend donc moins d’une injonction à abandonner le cash que d’une réduction du risque perçu : remboursement rapide, contestation simplifiée et avantage tarifaire sur les frais de livraison en cas de paiement électronique.

Avec Challenge

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