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Immobilier: jusqu’à 40% de recul des ventes et toujours pas de baromètre complet du neuf

Une crise mal mesurée finit toujours par être mal traitée. Dans l’immobilier marocain, les professionnels décrivent une baisse profonde des transactions, mais contestent aussi la capacité des instruments actuels à mesurer précisément le logement neuf et les volumes réellement écoulés.

L’Économiste rapporte ainsi que la Fédération nationale des promoteurs immobiliers observe par endroits un recul des ventes pouvant atteindre 40%. Le ralentissement touche les mises en chantier et se propage aux bureaux d’études, fournisseurs de matériaux, prestataires et établissements financiers.

Un secteur pesant près de 7% du PIB

La promotion immobilière génère près de 7% du produit intérieur brut et fait travailler directement ou indirectement des centaines de milliers de personnes. Sa contraction ne concerne donc pas seulement les promoteurs : elle fragilise une chaîne d’activités et réduit l’offre nouvelle proposée aux ménages.

Les professionnels invoquent la hausse de l’acier, du bois, de l’aluminium, du cuivre et du ciment, à laquelle s’ajoutent le foncier cher dans les grandes villes, l’énergie, le transport et la main-d’œuvre. Ces coûts compriment les marges sans résoudre le problème central de solvabilité des acquéreurs.

Le stock d’invendus révèle le décalage

La prudence bancaire a freiné les crédits destinés à la promotion, tandis que les méventes immobilisent la trésorerie des opérateurs. Le stock d’invendus pose alors la question qui dérange : si des logements restent disponibles pendant que l’accès au logement demeure difficile, le problème tient-il uniquement au volume produit ou à l’écart entre les prix proposés et les revenus des ménages ?

La fédération estime que l’indice des prix des actifs immobiliers de Bank Al-Maghrib, principalement centré sur l’existant, ne rend que partiellement compte du neuf et des volumes. Elle demande un observatoire indépendant et un baromètre réunissant les données de la conservation foncière, des ministères et des organisations professionnelles.

Relancer ne doit pas signifier soutenir sans contrepartie

Les promoteurs appellent à alléger les charges fiscales et réglementaires, relancer la demande et faciliter l’accès au logement. Pour le contribuable et l’acquéreur, toute mesure publique devrait cependant être évaluée à partir d’objectifs mesurables : prix, surfaces, localisation, délais de livraison et nombre de ménages réellement solvabilisés.

Pour rappel, la faiblesse de la demande et le décalage entre prix immobiliers, coût du crédit et pouvoir d’achat étaient déjà documentés bien avant cette nouvelle alerte. Le chiffre de 40% donne aujourd’hui une mesure de l’urgence ; l’observatoire demandé devra surtout permettre de distinguer les difficultés conjoncturelles d’un problème structurel d’adéquation entre l’offre et les besoins.

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