Casablanca-Settat: 45% des 123 projets régionaux restent sans réalisation

Un programme public ne se mesure pas au nombre de conventions signées, mais aux services effectivement livrés. À Casablanca-Settat, le décalage est devenu trop important pour rester un simple retard de calendrier : après plus de quatre années, 45% des projets du programme régional de développement 2022-2027 ne seraient toujours pas réalisés.
Selon le quotidien Assabah, le constat a été porté lors de la session d’octobre par des élus appartenant pourtant à la majorité régionale RNI-PAM-Istiqlal. Le programme rassemble 123 projets pour une enveloppe annoncée de 39 milliards de dirhams. Son taux de réalisation serait limité à 55%, alors que 45% des opérations devaient initialement être engagées dans les six premiers mois.
Le contribuable attend des ouvrages, pas des intentions
La différence entre programmation, engagement financier, lancement des travaux et mise en service est essentielle. Une convention peut exister sans que l’habitant voie une route, un réseau d’assainissement ou un équipement fonctionner. Les critiques rapportées évoquent des lenteurs procédurales, un défaut de coordination et des conventions qui ne dépassent pas le stade de la programmation.
Des textes concernant l’eau, l’assainissement et la réutilisation des eaux usées ont récemment été modifiés. Pour les élus critiques, ces corrections montrent que certains projets avaient été insuffisamment structurés au départ. Or chaque reprise d’étude consomme du temps public et repousse l’usage attendu par les ménages.
Six mois pour rendre les comptes
Il resterait environ six mois avant la fin du mandat. Ce délai paraît court pour rattraper près de la moitié d’un portefeuille de 123 projets. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de chantiers peuvent être lancés, mais lesquels peuvent être achevés, réceptionnés et ouverts au public.
Une reddition de comptes utile devrait distinguer, projet par projet, les montants annoncés, engagés et payés, ainsi que les dates révisées de livraison. Sans ce tableau, le taux global de 55% restera difficile à vérifier par le contribuable.
La saga des plans territoriaux
Pour rappel, les agences régionales d’exécution des projets ont précisément pour mission de traduire les programmes adoptés par les conseils régionaux en réalisations. Le cas de Casablanca-Settat remet au centre une vieille question de l’action territoriale : l’ambition budgétaire ne vaut que si la chaîne de décision, de financement et d’exécution tient jusqu’au dernier kilomètre.
