À chaque flambée du gasoil, le même réflexe revient : subventionner les transporteurs pour éviter que la hausse ne se propage aux tarifs des déplacements et au prix des marchandises. Le gouvernement vient ainsi de reconduire son aide directe exceptionnelle pour une période supplémentaire de quinze jours.
Les demandes seront ouvertes à partir du mardi 10 novembre 2026 sur la plateforme Mouakaba du ministère du Transport et de la Logistique. Le dispositif concerne les professionnels du transport routier de personnes et de marchandises.
Un gasoil proche de 17 dirhams
Cette nouvelle tranche intervient après la révision des prix appliquée le 1er novembre. Dans certaines stations-service, le gasoil a augmenté jusqu’à un dirham par litre et se rapproche désormais de 17 dirhams. L’essence a suivi le mouvement inverse, avec une baisse comprise entre 10 et 30 centimes selon les distributeurs.
Pour les transporteurs, le carburant représente une composante majeure du coût d’exploitation. Une hausse aussi rapide peut donc se répercuter sur la rentabilité des entreprises, mais également sur le consommateur lorsque les opérateurs relèvent leurs tarifs ou lorsque le transport renchérit le prix final des produits.
Une réponse d’urgence qui dure
Le soutien direct avait été réactivé en mars 2026, sur le modèle du mécanisme lancé en 2022. Plusieurs tranches ont depuis été accordées ou prolongées, parfois avec une revalorisation de leur montant. En septembre, une tranche avait couvert trente jours avant l’annonce actuelle limitée à quinze jours.
La mesure amortit le choc immédiat, mais elle ne répond pas à la question de fond : jusqu’à quand l’État devra-t-il compenser les mouvements du marché pétrolier pour empêcher leur transmission au reste de l’économie ? Le mécanisme protège temporairement les transporteurs sans établir un mode durable d’ajustement des tarifs en fonction du prix réel du carburant.
Pour les consommateurs, le résultat doit être évalué sur un critère simple : l’aide versée permet-elle effectivement de contenir les prix du transport et des marchandises ? Sans suivi de cet effet, la reconduction des tranches risque de devenir une dépense répétitive dont le bénéfice final reste difficile à mesurer.
