Lutte anticorruption: l’aveu d’échec de Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité

Dix ans, près de 1,8 milliard de dirhams et seulement 54% des projets réellement achevés: la Stratégie nationale de lutte contre la corruption arrive au terme de son calendrier avec un écart considérable entre les objectifs annoncés et les réalisations constatées.
Le bilan a été présenté par Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Les éléments du rapport ont été publiés par le quotidien Al Akhbar et repris dans une revue de presse de Le360.
Un écart de 22 points avec le taux officiel
Le gouvernement affichait un taux moyen d’accomplissement proche de 76%. L’examen détaillé de la commission de contrôle ramène toutefois la part des projets réellement achevés à 54%.
Les autres chantiers se répartissent entre 32% de projets encore en cours et 14% de démarches jamais lancées. Plus de 60% des projets n’ont pas respecté les délais fixés par la stratégie, dont le calendrier d’exécution s’est achevé en 2025.
Les réformes législatives restent en retrait
Les projets de loi et les réformes législatives, considérés comme le socle des changements structurels, affichent un taux de réalisation de 44%. Les projets procéduraux ou techniques atteignent, pour leur part, 57%.
Le rapport relève une multiplication des programmes et sous-projets sans hiérarchisation claire des priorités. Plusieurs initiatives sont restées isolées dans leur secteur, sans coordination suffisante entre les ministères. Des expériences pilotes n’ont pas non plus été généralisées aux services publics concernés.
La commission nationale ne s’est réunie que deux fois
La gouvernance du programme concentre une autre partie des critiques. Créée en 2017 pour assurer le suivi stratégique, la Commission nationale anticorruption ne s’est réunie qu’à deux reprises.
Cette faible fréquence a limité les arbitrages, les corrections de trajectoire et le traitement des blocages sectoriels. Lancée en 2015 sous le gouvernement d’Abdelilah Benkirane, la stratégie devait produire une transformation visible pour les citoyens et les acteurs économiques. Le bilan de l’Instance conclut que ses résultats restent très inférieurs à cette promesse.
