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Manuels scolaires: les libraires réclament le retour d’une marge commerciale viable

À quelques jours de la rentrée scolaire, la Ligue des libraires du Maroc monte au créneau contre la forte réduction des marges accordées sur les manuels scolaires. L’organisation professionnelle réclame le rétablissement d’une rémunération jugée indispensable à la viabilité économique des librairies, alors que la nouvelle année scolaire doit débuter le 7 septembre pour plus de huit millions d’élèves.

Selon les professionnels du secteur, la marge accordée aux détaillants, qui se situait auparavant entre 20 % et 25 %, est tombée cette année dans une fourchette comprise entre 10 % et 15 %. Une baisse que la Ligue attribue à la modification du cahier des charges applicable aux éditeurs de manuels scolaires.

L’organisation estime que cette nouvelle configuration fragilise directement les librairies, d’autant plus que certains éditeurs disposent désormais de la possibilité d’écouler eux-mêmes les ouvrages au prix imprimé.

Des tensions autour de la distribution

La Ligue des libraires dénonce également des dérives dans les circuits de commercialisation. Elle évoque notamment la revente de certains manuels au-dessus du prix affiché ou leur vente conditionnée à l’achat simultané de fournitures scolaires.

Face à cette situation, deux courriers ont été adressés aux autorités. Le premier vise le ministère de l’Intérieur, notamment au sujet des ventes de rue. Le second a été transmis au ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports afin de demander une révision du cahier des charges.

Les libraires affirment qu’avec les niveaux actuels de marge, certains points de vente ont déjà renoncé à commander plusieurs références, faute de rentabilité suffisante.

Six manuels du primaire encore indisponibles

Les difficultés d’approvisionnement concernent particulièrement les établissements engagés dans le programme des écoles pionnières.

Selon les données avancées par les professionnels, sur les 18 titres destinés au primaire, douze étaient disponibles à la mi-août, tandis que six ouvrages restaient introuvables malgré une campagne d’impression et d’importation lancée dès le mois de mars.

Cette rareté nourrit les inquiétudes des libraires, qui redoutent des phénomènes de spéculation et de rétention des stocks au moment où l’essentiel de leur chiffre d’affaires annuel se concentre sur quelques semaines.

La pression est également importante pour les familles. Le coût des manuels et fournitures peut atteindre 400 à 500 dirhams par enfant dans le public, tandis que la facture peut monter jusqu’à 4.000 dirhams dans certains établissements utilisant des ouvrages importés vendus entre 250 et 600 dirhams l’unité.

Les libraires dénoncent une concurrence jugée déséquilibrée

La profession s’inquiète également de l’arrivée croissante d’opérateurs extérieurs au métier du livre, notamment des commerces généralistes et des vendeurs ambulants.

La Ligue estime que le manque de contrôles contribue à fausser les conditions de concurrence au détriment des librairies déclarées, qui supportent les charges fiscales, sociales et commerciales liées à leur activité.

Elle dénonce également certaines pratiques commerciales consistant à vendre des fournitures à des tarifs considérés comme artificiellement bas, ce qui accentuerait encore la pression sur les détaillants traditionnels.

Face aux critiques apparues ces dernières semaines autour de certaines pratiques de vente, l’organisation assure pour sa part que les libraires continuent à proposer les manuels à l’unité et à laisser aux clients la liberté de choisir leurs fournitures.

La Ligue appelle ainsi les pouvoirs publics à recentrer le débat sur les règles de distribution, les conditions de concurrence et la rémunération des détaillants, plutôt que sur les librairies elles-mêmes.

Avec Barlamane

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