Site icon Consonews – Premier site consommation au Maroc

Ramadan 2026 : la production nationale de dattes peut-elle réellement contenir la pression sur les prix ?

dattes algeriennes maroc boycott 600x375 - Ramadan 2026 : la production nationale de dattes peut-elle réellement contenir la pression sur les prix ?dattes algeriennes maroc boycott 600x375 - Ramadan 2026 : la production nationale de dattes peut-elle réellement contenir la pression sur les prix ?

À l’approche du Ramadan 2026, la question de l’équilibre du marché des dattes revient au centre des préoccupations. Malgré une production nationale estimée à 160.000 tonnes pour la campagne 2025-2026, le Maroc demeure fortement dépendant des importations, qui ont atteint près de 100.000 tonnes en 2025. Cette coexistence d’une offre locale en nette progression et d’un recours massif aux marchés extérieurs interroge la capacité réelle de la filière nationale à stabiliser les prix lors du pic saisonnier de consommation.

Une production en nette reprise après les chocs climatiques

Après plusieurs campagnes pénalisées par la sécheresse et la fragilisation des écosystèmes oasiens, la production marocaine de dattes affiche un rebond significatif de 55 % par rapport à la saison précédente. Selon le ministère de l’Agriculture, ce redressement repose sur l’amélioration relative des conditions climatiques et sur les investissements engagés dans le cadre de la stratégie Génération Green, notamment en matière de réhabilitation des palmeraies et de modernisation des pratiques agricoles.

La région de Drâa-Tafilalet demeure le principal bassin de production, concentrant l’essentiel des volumes, devant Souss-Massa et l’Oriental. Toutefois, cette dynamique reste hétérogène : certaines zones continuent de subir des contraintes structurelles liées à la rareté de l’eau et au vieillissement des palmiers traditionnels, limitant la régularité et la compétitivité de l’offre.

Importations maintenues malgré l’abondance locale

Cette montée en puissance de la production nationale ne s’est pas traduite par un recul des importations. En 2025, le Maroc a importé environ 100.000 tonnes de dattes, pour une valeur CAF proche de 1,3 milliard de dirhams, selon les données consolidées de l’Office des Changes. Ces flux, principalement en provenance de Tunisie, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, concernent des variétés à forte notoriété commerciale, particulièrement prisées durant le mois de Ramadan.

Le prix moyen à l’importation, compris entre 13 et 15 dirhams le kilogramme, reflète à la fois la tension sur les marchés internationaux et la hausse des coûts logistiques. Exprimée en valeur CAF, cette facture illustre la pression persistante des importations sur la balance commerciale alimentaire, indépendamment de l’amélioration de l’offre locale.

Un décalage structurel entre production et demande

L’enjeu central du marché des dattes au Maroc demeure structurel. Si la production nationale progresse en volume, elle ne couvre pas encore suffisamment les segments de la demande les plus porteurs, notamment en termes de variétés, de calibrage, de conditionnement et de régularité d’approvisionnement. À l’inverse, les importations répondent précisément à ces attentes, ce qui explique leur maintien à un niveau élevé malgré l’abondance relative de l’offre locale.

Les exportations marocaines, quant à elles, restent marginales. En 2025, elles ont concerné essentiellement des marchés de niche en Europe et en Afrique de l’Ouest, freinées par la fragmentation de l’offre, les exigences sanitaires et les coûts logistiques.

Une équation inchangée à l’approche du Ramadan

À l’orée du Ramadan 2026, la filière dattière marocaine se trouve donc face à une équation économique inchangée. La hausse de la production nationale renforce la sécurité d’approvisionnement et limite les risques de pénurie, mais ne suffit pas encore à réduire la dépendance aux importations ni à contenir durablement la pression sur les prix.

Dans un marché marqué par une consommation fortement saisonnière et par des préférences variétales bien établies, la stabilisation des prix passera moins par le volume produit que par la montée en gamme, la structuration de l’offre locale et une meilleure adéquation entre production nationale et attentes des consommateurs.

Avec Le360

Quitter la version mobile