Chèques sans provision: 691.000 personnes interdites d’émettre au Maroc

Le chèque continue de fonctionner comme un moyen de paiement, mais aussi comme une source de risque juridique majeur pour les ménages et les professionnels. Les dernières données disponibles montrent que la baisse du nombre d’incidents ne signifie pas une amélioration générale : les montants impayés augmentent et les régularisations reculent fortement.
Selon des chiffres de Bank Al-Maghrib, 14.000 personnes supplémentaires ont été frappées d’une interdiction d’émettre des chèques au cours de l’année écoulée. Le total atteint désormais 691.000 personnes, dont 82,4% de particuliers. Le montant global des chèques sans provision approche 16,6 milliards de dirhams.
Le nombre d’incidents de paiement enregistrés en 2025 s’est établi à 462.000, en baisse de 5,1% par rapport à 2024. Leur montant a cependant progressé de 2,8%. Cette évolution indique que les incidents sont moins nombreux, mais financièrement plus lourds.
3,5 millions d’incidents restent non régularisés
Le stock des incidents non régularisés atteint environ 3,5 millions. Les trois quarts concernent des particuliers. Dans 82% des cas, les sommes se situent entre 1.000 et 50.000 dirhams.
Les chèques supérieurs à 100.000 dirhams ne représentent que 6,2% des incidents, mais concentrent 56% du montant total des impayés. Une faible part des dossiers porte donc l’essentiel du risque financier.
Les régularisations ont chuté de 45,6%, passant de 192.000 en 2024 à 104.000 à la fin de l’année écoulée. Les montants régularisés ont reculé de 5,4 à 2,4 milliards de dirhams.
Une interdiction pouvant atteindre dix ans
L’émission d’un chèque sans provision suffisante expose son auteur à une interdiction bancaire pouvant aller jusqu’à dix ans, sauf régularisation avant l’expiration de ce délai. Des poursuites judiciaires, des peines d’emprisonnement et des amendes peuvent également être engagées.
Bank Al-Maghrib a reçu 8.509 réclamations par l’intermédiaire de son dispositif d’écoute. Les établissements bancaires en ont pris directement en charge 63%. Les interventions ont permis de lever l’interdiction pour 179 personnes et de traiter 8.143 demandes d’information.
Ces données rappellent que l’acceptation d’un chèque demeure un acte de confiance. Pour les consommateurs comme pour les entreprises, la vérification des moyens de paiement et la connaissance des procédures de régularisation restent essentielles.
