PLF 2027: 825,6 milliards de DH de dépenses, 34.454 postes et une réforme progressive de l’IR

Le projet de loi de finances 2027 promet davantage de protection sociale, de recrutements publics et d’investissements, tout en annonçant une réduction du déficit. L’équation dépendra directement du rendement fiscal, de l’exécution des crédits et de la capacité des mesures sociales à produire un effet perceptible sur le revenu des ménages.
Le PLF prévoit 825,59 milliards de dirhams de charges globales, contre 761,30 milliards en 2026, soit une hausse de 8,44%. Les ressources atteindraient 786,60 milliards de dirhams, en progression de 10,39%. Les recettes fiscales sont attendues à 437,40 milliards de dirhams.
Le solde budgétaire, hors emprunts et amortissement de la dette à moyen et long terme, ressortirait à -89,61 milliards de dirhams, contre -107,58 milliards en 2026. Les besoins résiduels de financement diminueraient de 48,74 à 38,99 milliards de dirhams.
Le fonctionnement progresse de 11,41%
Les dépenses de fonctionnement atteindraient 387,14 milliards de dirhams, soit 39,65 milliards de plus qu’en 2026. La rémunération du personnel resterait presque stable à 195,67 milliards de dirhams, tandis que les dépenses de matériel et diverses grimperaient de 17,62% à 110,18 milliards.
Les intérêts et commissions de la dette mobiliseraient 45,94 milliards de dirhams, auxquels s’ajoutent 69,38 milliards pour le remboursement du principal à moyen et long terme.
Les crédits de paiement consacrés à l’investissement du budget général atteindraient 138,03 milliards de dirhams. En ajoutant 88,77 milliards de crédits d’engagement et 15 milliards de reports estimés, les moyens mobilisables seraient portés à 241,80 milliards de dirhams. Ces trois catégories ne correspondent toutefois pas toutes à des dépenses payées durant l’année 2027.
34.454 postes budgétaires
Le PLF autorise la création de 34.454 postes au titre du budget général. L’Intérieur en obtient 14.200, la Défense nationale 5.500, la Santé et la Protection sociale 5.400, l’Économie et les Finances 2.460, l’Enseignement supérieur 1.920 et l’administration pénitentiaire 1.500.
Sur le total, 500 postes seront répartis par la cheffe du gouvernement, dont 200 réservés aux personnes en situation de handicap. Le texte prévoit également 600 postes destinés à régulariser la situation de fonctionnaires de l’Éducation nationale titulaires d’un doctorat, 15.590 postes au profit des académies régionales pour le recrutement d’enseignants et 2.600 postes pour les groupements sanitaires territoriaux.
Protection sociale, jeunes et territoires
Le gouvernement affecte 44,2 milliards de dirhams à la protection sociale en 2027. Les cinq priorités présentées au Parlement couvrent le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, le logement, l’insertion des jeunes, le développement territorial, la souveraineté et le renforcement de l’économie productive.
Le programme de développement territorial intégré doit mobiliser 210 milliards de dirhams sur huit ans. Pour 2027, le Fonds de développement territorial intégré disposerait de 10 milliards, tandis que le Fonds de promotion de l’emploi des jeunes recevrait près de 1,99 milliard.
Dans le domaine de l’eau, l’objectif est de porter la capacité de stockage des barrages à plus de 24 milliards de mètres cubes fin 2027 et la production issue du dessalement à plus de 1,8 milliard de mètres cubes en 2031. La part des renouvelables dans la puissance électrique installée reste fixée à 52% en 2030.
Une baisse de l’IR étalée jusqu’en 2030
Le projet maintient un seuil annuel d’exonération de 60.000 dirhams. Pour 2027, le barème transitoire prévoit 10% entre 60.001 et 80.000 dirhams, 20% entre 80.001 et 100.000 dirhams, 34% entre 100.001 et 180.000 dirhams et 37% au-delà. La réforme doit se poursuivre jusqu’en 2030, avec un taux marginal maximal annoncé à 30%.
Le PLF repose sur une hypothèse de croissance de 3,7% en 2027. Le gouvernement vise par ailleurs une croissance annuelle moyenne de 5% sur la période 2027-2031 et un déficit inférieur à 3% du PIB. Entre l’ambition affichée et le résultat pour les ménages, le point décisif restera l’exécution effective des mesures votées.
