L’Espagne a temporairement interrompu ses exportations d’ovins vivants et de viande congelée vers le Maroc pour des raisons de santé animale. L’information a été confirmée le 24 septembre à Cordoue par le ministre espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, Luis Planas.
Le ministre n’a précisé ni la date d’arrêt des expéditions, ni la maladie en cause, ni les catégories exactes de viande congelée concernées. Aucun calendrier de reprise n’a été communiqué.
Le Maroc, premier débouché de l’ovin espagnol
En 2024, l’Espagne avait expédié 794.585 ovins vivants vers le Maroc, soit 51,3% de ses exportations. Les volumes ont diminué de 56,5% en 2025, mais le marché marocain représentait encore 32,9% des ventes espagnoles à l’étranger, devant l’Algérie.
Les organisations professionnelles espagnoles demandent une intensification des contacts avec les autorités marocaines afin de rétablir les ventes. L’importance du débouché explique cette pression, mais les données disponibles ne permettent pas encore de mesurer l’effet de l’interruption sur l’approvisionnement marocain.
Une relation commerciale déjà perturbée pour les bovins
Les exportations de bovins vivants espagnols vers le Maroc étaient déjà à l’arrêt depuis le début de 2026. L’Union des petits agriculteurs et éleveurs espagnols avait relié cette interruption aux précautions prises après l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse dans le nord-est de l’Espagne à la fin de 2025.
Cet antécédent concerne les bovins et aucun lien officiel n’a été établi avec l’arrêt actuel des expéditions ovines. En octobre 2024, le Maroc avait par ailleurs autorisé l’importation de viande fraîche ovine et caprine espagnole après des échanges entre les autorités sanitaires des deux pays.
Une nouvelle incertitude pour le marché marocain
L’interruption intervient alors que les prix de la viande ovine restent élevés au Maroc et que les importations sont mobilisées pour renforcer l’offre et préserver le cheptel national. Son impact dépendra de sa durée, des volumes réellement concernés et de la capacité des importateurs à se tourner vers d’autres origines.
À ce stade, il serait prématuré d’en déduire une nouvelle hausse des prix. Mais cet épisode rappelle la fragilité d’une stratégie de stabilisation fondée sur des approvisionnements extérieurs eux-mêmes exposés aux crises sanitaires et aux décisions administratives des pays fournisseurs.
