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Pouvoir d’achat: les associations de consommateurs réclament un observatoire national des prix

Le consommateur marocain est souvent convoqué lorsqu’il faut appeler à la modération, beaucoup moins lorsqu’il faut concevoir les politiques qui organisent les marchés. Le mémorandum remis au nouveau gouvernement par la Fédération nationale des associations de consommateurs veut précisément corriger ce déséquilibre.

Il s’agit d’une feuille de route en dix points destinée à dépasser les interventions ponctuelles face aux crises de prix. La Fédération demande une politique anticipative, capable de détecter les dysfonctionnements avant qu’ils ne se transforment en tensions supportées par les ménages.

Mettre les prix sous observation permanente

La proposition centrale est la création d’un observatoire national des prix. Sa mission serait de suivre les tarifs, détecter les pratiques spéculatives et contribuer à la moralisation des circuits de distribution. L’intérêt d’un tel outil dépendra néanmoins de la fréquence des données, de leur niveau de détail et de leur accessibilité au public.

Sur les hydrocarbures, la Fédération réclame la publication de la structure des prix finaux, des coûts d’importation et des marges. C’est un point déterminant : sans décomposition compréhensible, le consommateur ne peut distinguer l’effet des cours internationaux, du change, de la fiscalité, de la logistique et des marges commerciales.

Des droits inscrits, mais un cadre encore incomplet

Le mémorandum demande l’achèvement du dispositif réglementaire complétant la loi sur la protection du consommateur et le renforcement des autorités chargées de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles. Il vise également un encadrement plus rigoureux de la santé, de l’éducation, du transport, de l’énergie et des télécommunications.

La Fédération revendique parallèlement un statut de partenaire dans l’élaboration, l’évaluation et l’orientation des politiques publiques relatives aux droits des usagers et à la sécurité alimentaire. Cette participation serait accompagnée d’actions d’éducation à la consommation, notamment face au commerce électronique et à la transition numérique.

Le test sera celui de l’exécution

Un observatoire supplémentaire ne protégera les ménages que s’il publie des données utiles, alerte rapidement et débouche sur des décisions contrôlables. De même, la concertation n’aura de sens que si les associations interviennent avant les arbitrages, et pas seulement après l’annonce des mesures.

Pour rappel, transparence des prix, lutte contre la spéculation et renforcement de la protection juridique figurent régulièrement dans les revendications consuméristes. Le nouveau mémorandum rassemble ces demandes dans un programme cohérent. Il revient désormais au gouvernement d’indiquer lesquelles seront retenues, selon quel calendrier et avec quels moyens.

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