Pouvoir d’achat: pourquoi la croissance ne se reflète pas sur le niveau de vie des Marocains?

La progression de l’économie marocaine ne se traduit pas avec la même intensité dans le niveau de vie des ménages, selon un rapport du Centre Omega pour les études économiques et géopolitiques.
L’analyse, fondée sur les comptes régionaux de 2024 et les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages du deuxième trimestre 2026, souligne une distribution inégale de la richesse selon les territoires, les secteurs économiques et les catégories sociales.
L’économie marocaine a enregistré une croissance réelle de 4,4% en 2024, tandis que le produit intérieur brut aux prix courants a atteint environ 1.614,6 milliards de dirhams. Les régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ont concentré 58,4% du PIB national. À l’inverse, Drâa-Tafilalet et les trois régions du Sud réunies n’en ont représenté que 7,8%.
Le PIB moyen par habitant s’est établi à 43.891 dirhams en 2024. Le rapport précise toutefois que cet indicateur ne correspond pas directement au revenu réellement disponible pour les ménages.
Au deuxième trimestre 2026, 78,3% des ménages estimaient que leur niveau de vie s’était dégradé durant les douze mois précédents. Seuls 2,6% déclaraient pouvoir épargner, tandis que 38,7% avaient puisé dans leur épargne ou recouru à l’endettement pour couvrir leurs dépenses.
Insight Consonews
Les indicateurs de croissance ne suffisent pas à mesurer les effets de l’activité économique sur le quotidien. Le rapport recommande de compléter le PIB par des données régionales sur le revenu disponible, les salaires médians, l’endettement, l’épargne, les dépenses de logement et de transport ainsi que la part des emplois stables.
Une partie des données portant sur la confiance et le niveau de vie avait déjà été publiée par Consonews à partir de l’enquête du HCP. L’angle réellement nouveau réside donc dans le rapprochement entre ces données et la concentration régionale de la richesse.
