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Tomate: le prix de détail atteint 11 DH le kilo entre recul de l’offre et hausse des coûts

La tomate est l’un de ces produits dont quelques dirhams de hausse se voient immédiatement dans le panier quotidien. À 10 ou 11 dirhams le kilo au détail, la tension actuelle ne relève donc pas d’une simple variation de marché : elle touche un aliment de base consommé par presque tous les ménages.

À Meknès, les tomates de bonne qualité atteignent jusqu’à 8 dirhams le kilo sur le marché de gros, puis entre 10 et 11 dirhams chez les détaillants. Les caisses se négocient entre 150 et 200 dirhams, selon les professionnels interrogés par Hespress.

La transition entre Doukkala et Souss réduit les volumes

La hausse est d’abord attribuée à une contraction de l’offre. La période de production s’achève dans les Doukkala, alors que la maturation des récoltes du Souss accuse un retard. Cette transition laisse momentanément moins de tomates disponibles sur les marchés.

La demande reste soutenue. Les frais de transport, les pertes de marchandises et les marges de détail élargissent ensuite l’écart entre le cours de gros et le prix payé par le consommateur. La qualité joue aussi un rôle important : au marché de gros, les prix iraient de 3 dirhams pour les catégories inférieures jusqu’à 10 dirhams pour les meilleures.

Les exportations ne suffisent pas à expliquer la flambée

Les professionnels interrogés écartent les exportations comme cause principale de la hausse actuelle. Ils affirment que les exportateurs sont eux-mêmes confrontés au manque de marchandise. Dans les périodes de forte production, entre 50% et 60% des volumes pourraient être destinés à l’étranger, le reste alimentant le marché national selon les critères de qualité appliqués par la filière.

Cette explication ne dispense toutefois pas d’une information plus complète. Pour arbitrer entre approvisionnement national et exportation, le consommateur a besoin de données régulières sur les volumes récoltés, exportés, commercialisés localement et perdus entre la ferme et l’étal.

Virus, intrants et main-d’œuvre fragilisent la production

Au-delà du décalage saisonnier, la filière fait face à la propagation d’un virus affectant les plants et réduisant les rendements. De nouvelles variétés résistantes sont utilisées, mais les producteurs restent exposés à des pertes.

Le coût des engrais, des autres intrants et de la main-d’œuvre alourdit également l’investissement nécessaire pour cultiver un hectare. Certains agriculteurs peuvent alors réduire les surfaces plantées ou renoncer à la tomate, ce qui contracte encore l’offre future.

Le risque est celui d’un cercle coûteux : moins de surfaces, moins de volumes, des prix plus élevés, puis une consommation freinée. Un soutien à la production n’aura cependant de sens que s’il est lié à des objectifs mesurables d’approvisionnement du marché intérieur et à une meilleure traçabilité des prix.

Le marché doit montrer où se forme le prix

La situation actuelle résulte de plusieurs facteurs et non d’une cause unique. Mais pour le ménage, le problème reste concret : comment une tomate achetée jusqu’à 8 dirhams en gros arrive-t-elle à 11 dirhams au détail, et quelle part de l’écart correspond au transport, aux pertes ou aux marges ?

Le rappel s’impose à chaque flambée agricole : sans publication quotidienne des cours, des volumes et des marges par circuit, le débat oscille entre accusations contre l’exportation et explications par la météo ou les coûts. La transparence ne fera pas pousser davantage de tomates, mais elle permettra enfin d’identifier les maillons où le consommateur paie le plus.

Avec Hespress

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