
Et non, le Blu-ray 4K n’est pas totalement mort. Tandis que le streaming a imposé l’abonnement et l’accès instantané, une poignée de marques continue de fabriquer des lecteurs pour ceux qui préfèrent posséder leurs films, préserver une qualité audiovisuelle stable et ne pas dépendre d’un catalogue susceptible de changer du jour au lendemain.
Dans un panorama publié par Clubic, plusieurs nouveaux acteurs apparaissent sur un marché abandonné par LG, Samsung, Oppo et Pioneer. Le retrait des grands fabricants a fortement réduit l’offre, sans supprimer la demande. Celle-ci est désormais servie par Thomson, Krovatar, GIEC, DpBlue et Gotham Audio, avec des appareils proposés principalement en Europe, en Chine, aux États-Unis et en Australie.
Thomson revient, les spécialistes chinois s’installent
Thomson a lancé fin 2024 le THB365, commercialisé autour de 260 euros. Le lecteur prend en charge les formats HDR10 et Dolby Vision et dispose de deux sorties HDMI, une configuration utile pour séparer l’image et le son sur des installations plus anciennes.
Krovatar propose pour sa part le KBU-300, compatible HDR10, HDR10+ et Dolby Vision. Il utilise une mécanique optique Panasonic et lit également les SACD en stéréo. La marque prépare un KBU-500 plus haut de gamme. GIEC occupe un segment encore plus ambitieux : le G5300, vendu autour de 600 euros sur certains marchés occidentaux, peut lire des Blu-ray et DVD sans restriction régionale, tandis que le G5800 ajoute notamment des sorties analogiques 7.1, des connecteurs XLR et un emplacement pour disque dur interne.
Aux États-Unis, DpBlue commercialise le DP-5300 autour de 340 dollars. En Australie, Gotham Audio propose le GA-BD801 aux environs de 600 dollars australiens. Derrière cette diversité de noms, plusieurs machines reposent sur la puce MediaTek MT8581, déjà utilisée autrefois par Oppo, Pioneer, Sony ou Panasonic.
Posséder un film redevient un argument
Il serait exagéré de parler de renaissance. Le lecteur UHD reste un produit de niche et les références sont souvent plus difficiles à trouver qu’un boîtier de streaming. Pourtant, les ventes américaines de Blu-ray UHD 4K ont progressé de 12% en 2025 alors que le marché global des supports physiques reculait. Le signal est modeste, mais il confirme l’existence d’un public qui ne confond pas accès et propriété.
Le disque conserve deux avantages concrets. D’abord, son débit vidéo et audio n’est pas soumis à la compression variable d’une connexion internet. Ensuite, une œuvre achetée reste disponible tant que le support et le lecteur fonctionnent. Sur une plateforme, elle peut disparaître du catalogue, changer de version ou devenir inaccessible après la résiliation de l’abonnement.
Une niche qui révèle les limites du tout-numérique
Le consommateur doit néanmoins rester vigilant : disponibilité des mises à jour, garantie, compatibilité électrique, zonage des disques et service après-vente varient selon les marques et les pays. Une fiche technique séduisante ne remplace pas un réseau de réparation ni la disponibilité des pièces. Acheter un lecteur importé peut donc protéger sa vidéothèque tout en créant une nouvelle dépendance à un constructeur peu implanté.
Pour rappel, le débat dépasse le cinéma. L’annonce par Sony de son intention d’abandonner les jeux distribués sur disque pour PlayStation a ravivé la controverse sur la propriété des contenus numériques. Le Blu-ray 4K survit précisément dans cet interstice : trop petit pour les géants de l’électronique, mais encore assez utile pour des consommateurs qui veulent choisir quand, comment et combien de fois regarder ce qu’ils ont payé.
