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Pouvoir d’achat: le Parlement convoque quatre ministres et le gouvernement crée une commission de suivi des prix

Lorsque les tomates atteignent 15 dirhams le kilo, les pommes de terre 10 dirhams et le poulet 25 dirhams, le pouvoir d’achat cesse d’être une donnée abstraite. Il devient une urgence politique. Face à la flambée des produits alimentaires et des carburants, le Parlement interpelle plusieurs ministres tandis que le gouvernement met en place une commission interministérielle de suivi des prix.

Les ministres chargés du Budget, de l’Agriculture, de l’Intérieur ainsi que de l’Industrie et du Commerce sont appelés à s’expliquer sur la production, le transport, la distribution, la spéculation et les mécanismes de régulation. Dans le même temps, la commission gouvernementale réunira périodiquement les départements concernés afin de surveiller l’évolution des prix et l’approvisionnement, notamment à l’approche du Ramadan.

Les circuits de distribution au banc des accusés

L’opposition met en cause le fonctionnement des marchés de gros et le poids d’intermédiaires capables d’élargir l’écart entre le prix payé au producteur et celui supporté par le consommateur. Elle reproche également à l’Exécutif de ne pas avoir suffisamment endigué les pratiques spéculatives.

Le gouvernement avance plusieurs réponses : un milliard de dirhams pour moderniser les marchés de gros, la facilitation des importations de viande et un meilleur encadrement des exportations afin de protéger l’approvisionnement intérieur. Des sociétés régionales sont également envisagées pour réorganiser la distribution.

Une commission de plus doit produire des résultats mesurables

La création d’une instance de suivi peut améliorer la coordination, mais elle ne fera baisser aucun prix par elle-même. Le consommateur attend des contrôles effectifs, la publication des marges, la traçabilité des produits et des sanctions lorsque des abus sont établis.

Le véritable test sera donc visible sur les étals. Si les prix restent élevés malgré les importations, les subventions et les réunions, il faudra identifier précisément où se forme la hausse. Sans cette transparence, le débat continuera d’osciller entre responsabilité climatique, pénurie, exportations et spéculation, sans permettre au ménage de comprendre pourquoi son panier coûte toujours plus cher.

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