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Déchets et carburants: le gouvernement promet des réformes, les consommateurs attendent des résultats concrets

Le gouvernement a présenté les grandes orientations de sa stratégie de réforme des secteurs des carburants et de la gestion des déchets ménagers, deux dossiers qui touchent directement le quotidien et le pouvoir d’achat des consommateurs. Entre sécurité énergétique, transparence des prix et transition vers l’économie circulaire, l’Exécutif mise sur un renforcement du cadre législatif et des investissements structurants.

Lors d’une séance à la Chambre des représentants, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a défendu une approche fondée sur la modernisation des infrastructures et l’amélioration de la gouvernance, tout en reconnaissant que plusieurs réformes prévues après la libéralisation des carburants en 2015 n’avaient pas été pleinement mises en œuvre.

Sur le volet énergétique, la ministre a indiqué que les capacités nationales de stockage des produits pétroliers ont progressé de plus de 30% entre 2021 et 2025, offrant l’équivalent de 17 jours supplémentaires de couverture des besoins du pays. Un programme d’investissement de 6 milliards de dirhams doit encore renforcer ces infrastructures, notamment au niveau régional.

Pour les consommateurs, l’enjeu reste toutefois celui des prix à la pompe. Les députés de l’opposition ont rappelé que plusieurs propositions, comme le plafonnement temporaire des prix ou la réactivation de la raffinerie Samir, demeurent en suspens, alors que la hausse des carburants continue de peser sur le budget des ménages et sur l’ensemble des prix à la consommation.

Le gouvernement affirme, de son côté, renforcer la transparence du marché en partageant les données relatives aux stocks et aux capacités de stockage avec le Conseil de la concurrence et la Direction générale des impôts, dans l’objectif d’améliorer le suivi et la régulation du secteur.

L’autre grand chantier concerne la gestion des déchets ménagers. Après plus d’une décennie de mise en œuvre du programme national de gestion des déchets, le modèle actuel, essentiellement fondé sur la collecte puis l’enfouissement, montre aujourd’hui ses limites malgré un taux de collecte atteignant 96% dans les zones urbaines.

Le gouvernement souhaite désormais accélérer la transition vers l’économie circulaire, en généralisant progressivement le tri sélectif à la source et la valorisation des déchets. Un projet de réforme de la loi 28.00 ainsi qu’un nouveau texte législatif doivent encadrer cette évolution.

Plusieurs collectivités locales ont déjà manifesté leur intérêt pour ces nouvelles approches. La commune d’Arfoud figure parmi les premières à préparer un système de tri sélectif à la source, avec l’appui des ministères concernés.

Pour les citoyens, cette transformation pourrait, à terme, améliorer la qualité de vie, réduire les nuisances environnementales et favoriser l’émergence de nouvelles filières de recyclage créatrices d’emplois. Elle suppose toutefois une évolution des comportements, un accompagnement des collectivités et des mécanismes de contrôle plus efficaces.

Au final, qu’il s’agisse des carburants ou des déchets, le principal défi reste le même : transformer les réformes institutionnelles et les investissements annoncés en bénéfices tangibles pour les consommateurs, tant en matière de pouvoir d’achat que de qualité des services et de protection de l’environnement.

Avec  Al Ahdath Al Maghribia

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