Surdité: le Maroc structure un parcours de soins face aux 700 millions de cas attendus en 2050

La perte auditive progresse souvent en silence, jusqu’au moment où elle isole l’enfant à l’école, l’adulte au travail ou la personne âgée dans sa vie quotidienne. L’OMS estime que plus de 700 millions de personnes souffriront d’une surdité invalidante en 2050, soit une personne sur dix.
Déjà, 430 millions de personnes, dont 34 millions d’enfants, nécessitent une réadaptation auditive. À l’horizon 2050, près de 2,5 milliards de personnes pourraient présenter une perte auditive à des degrés divers. En Afrique, seule une personne concernée sur dix aurait accès à une aide.
Du dépistage à l’implantation
Le Maroc a engagé en 2023 un programme de dépistage auditif néonatal. Plus de 1.200 personnes ont depuis bénéficié gratuitement d’un implant cochléaire, posé par des équipes établies dans cinq villes.
Le parcours porté par la Fondation Lalla Asmaa réunit dépistage, diagnostic, implantation, rééducation, scolarité et accompagnement vers l’enseignement supérieur et l’emploi. En octobre 2025, l’Hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat a réalisé la première implantation cochléaire assistée par robot en Afrique.
Le dépistage doit devenir systématique
Une étude menée auprès de 88 enfants implantés au Maroc a identifié une cause génétique dans 65,9% des cas, impliquant 28 gènes. Treize jeunes accompagnés depuis l’enfance sont aujourd’hui diplômés, dont deux titulaires d’un doctorat.
Ces résultats montrent l’effet d’un accompagnement continu, mais posent aussi la question de son accessibilité à l’échelle nationale. Le défi est de rendre le dépistage réellement systématique, de réduire les délais d’appareillage et de garantir la rééducation au-delà des grands centres urbains.
Avec MAP
