NewsService publicslide

Mondial 2030: détail du montage de financement des infrastructures

Le financement des infrastructures du Mondial 2030 ne disparaît pas du seul fait qu’il est déplacé hors du budget général de l’État. Il change de porteur, de calendrier et de mécanisme. Derrière les montages présentés pour le ferroviaire, les autoroutes et les aéroports, la question centrale reste donc la même : qui remboursera, avec quelles recettes et à quelles conditions?

Dans une analyse fondée sur le dernier rapport de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État, Le360 détaille trois schémas représentant 105,5 milliards de dirhams. L’enveloppe se répartit entre 53 milliards pour l’ONCF, 14,5 milliards pour Autoroutes du Maroc et 38 milliards pour l’ONDA. L’objectif affiché est de réduire d’environ 100 milliards de dirhams la pression immédiate sur le budget général, en renforçant les fonds propres et les capacités d’endettement de ces entreprises publiques.

Les régions porteront l’essentiel du financement ferroviaire

Le programme ferroviaire comprend l’extension de la LGV entre Kénitra et Marrakech et le développement de réseaux express régionaux à Casablanca, Rabat et Marrakech. Sur les 53 milliards de dirhams prévus, 48 milliards doivent prendre la forme d’une dette contractée auprès d’un consortium bancaire par cinq régions : Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi. L’État apportera les 5 milliards restants sous forme de fonds de dotation.

Le financement sera libellé en dirhams, sans garantie souveraine. Ce choix écarte le risque de change et évite une incidence directe sur la dette du Trésor. L’ONCF devra néanmoins contribuer au service de la dette existante et de la nouvelle dette d’infrastructure après la mise en exploitation des projets et la montée en charge du trafic. La viabilité du montage dépendra donc des recettes générées par les nouvelles dessertes.

ADM transforme des redevances futures en capital

Autoroutes du Maroc prévoit 14,5 milliards de dirhams d’investissements à l’horizon 2032, hors grosses réparations. L’autoroute continentale Rabat-Casablanca et l’achèvement de l’axe Tit Mellil-Berrechid figurent parmi les principaux chantiers.

Le montage prévoit la titrisation, sur vingt ans, des redevances d’occupation temporaire du domaine public dues par ADM à l’État. L’opération doit mobiliser 7 milliards de dirhams, ensuite injectés dans l’entreprise sous forme d’augmentation de capital. Le solde sera financé par des émissions obligataires sans garantie de l’État et par des emprunts sur le marché local. Pour ADM, l’accès au marché obligataire sans garantie souveraine constituerait une première.

L’ONDA devra autofinancer 8 milliards de dirhams

Le programme aéroportuaire atteint 38 milliards de dirhams : 25 milliards pour augmenter les capacités et 13 milliards pour la mise à niveau des installations et les acquisitions foncières. La titrisation des redevances d’occupation temporaire doit apporter 5 milliards de dirhams, tandis que 25 milliards seront levés sans garantie étatique par des obligations, des crédits bancaires et des prêts multilatéraux. Les 8 milliards restants devront provenir de l’autofinancement de l’ONDA.

Ces dispositifs limitent la charge budgétaire immédiate, mais ils ne rendent pas les investissements gratuits. Ils reportent une part de l’effort sur les flux futurs des opérateurs et sur leur capacité à attirer des prêteurs. Pour le contribuable comme pour l’usager, les indicateurs décisifs seront donc le coût final des projets, les conditions de remboursement, l’évolution des tarifs et la capacité des nouvelles infrastructures à générer suffisamment d’activité.

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page
×