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Spéculation Le gouvernement serre la vis face aux «chennaqas»

Le gouvernement affirme renforcer l’encadrement du marché du mouton afin de freiner la spéculation et limiter les hausses artificielles des prix. Contrôle des vendeurs, interdiction de certaines pratiques de revente et sanctions renforcées : les autorités veulent éviter une nouvelle flambée des tarifs dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Face aux pratiques opportunistes observées chaque année à l’approche de la fête, l’exécutif affiche un objectif clair : limiter les manipulations de prix et protéger les consommateurs alors que le coût du sacrifice reste une préoccupation majeure pour de nombreuses familles.

Vente encadrée et contrôle renforcé
Le dispositif adopté repose sur plusieurs textes réglementaires liés à la concurrence, aux collectivités territoriales et à l’organisation des marchés. Après consultation du Conseil de la concurrence, de nouvelles règles ont été mises en place afin d’assainir les circuits de commercialisation des moutons destinés à l’Aïd.
Concrètement, la vente des animaux devra désormais se faire principalement dans les marchés officiellement autorisés et aménagés. Les ventes directes chez les éleveurs restent possibles, mais sous encadrement réglementaire.
Autre nouveauté : les vendeurs devront déclarer aux autorités locales leur identité, le nombre de bêtes proposées ainsi que leur provenance avant d’accéder aux espaces de vente.

Les “chennaqa” particulièrement visés
Les autorités ciblent surtout les intermédiaires spéculatifs, souvent accusés de faire grimper artificiellement les prix à l’approche de l’Aïd.
Le gouvernement interdit désormais explicitement l’achat de moutons à l’intérieur des marchés dans le seul but de les revendre avec une forte marge. Les pratiques consistant à provoquer artificiellement une hausse des prix à travers de fausses enchères, des accords entre revendeurs ou des opérations de rétention du bétail sont également visées.

Le stockage des moutons hors des circuits habituels afin de créer une rareté artificielle pourra lui aussi faire l’objet de sanctions.
Des sanctions plus lourdes
Le texte prévoit un arsenal répressif renforcé contre les contrevenants. Les autorités pourront prononcer des amendes, fermer temporairement certains points de vente ou saisir les animaux et équipements utilisés dans le cadre des pratiques illégales.
Dans certains cas, des peines d’emprisonnement restent également prévues par la réglementation.
À travers cette opération, les pouvoirs publics cherchent surtout à éviter une flambée incontrôlée des prix dans les derniers jours précédant l’Aïd, période traditionnellement marquée par une forte tension sur le marché.

Reste toutefois une réalité difficile à ignorer : malgré les mesures de contrôle, les prix demeurent fortement influencés par les coûts de production, le transport, l’alimentation du bétail et le poids des intermédiaires dans certaines régions.

Pour les consommateurs, la vigilance reste donc de mise. Car au-delà des annonces officielles, c’est bien sur les marchés que se jouera, comme chaque année, le véritable bras de fer des prix.

Offre vs Demande

8 à 9
En millions, de têtes, l’offre globale en ovins et caprins disponibles sur le marché national en 2026 (un record).

6 à 7
En millions, de têtes, la demande habituelle des ménages marocains.

40
En millions, de têtes, la taille actuelle du cheptel global au niveau national, après la mise en œuvre du programme de reconstitution.

95 %
Le pourcentage de femelles ovines et caprines recensées qui ont été maintenues et préservées dans le cheptel depuis août (2025) pour assurer le renouvellement du troupeau.

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