Moroccan Consumer Day 2026

Hazim Sebbata: La meilleure technologie est celle qu’on ne voit pas

Hazim Sebbata : directeur général – ScreenEdge

Pour Hazim Sebbata, directeur général de ScreenEdge, la transformation des paiements ne se jouera ni sur la seule innovation ni sur la seule rapidité, mais sur la capacité des acteurs à remettre le client au centre. Entre confiance, simplicité, transparence et expérience fluide, il défend une approche où la technologie doit s’effacer derrière l’usage, tandis que le cash doit garder une place de liberté dans un modèle « less cash » plutôt que « cashless ».

CONSONEWS: Quel est votre regard sur cette matinée d’échanges ?

Hazim Sebbata: C’était une très bonne matinée, riche et dynamique. J’ai trouvé les échanges intéressants parce qu’ils étaient complémentaires et qu’ils abordaient la problématique du paiement au Maroc sous plusieurs angles. Je ne veux pas être réducteur en disant qu’il s’agit d’une énième conférence sur le sujet, car il y en a déjà eu beaucoup, mais il est toujours précieux d’entendre des points de vue différents. C’est ce qui a fait la valeur de cette matinée.

Selon vous, l’enjeu principal de l’adoption de la technologie dans les paiements, c’est surtout la simplicité?
La simplicité, oui, mais pas seulement. Il faut surtout gagner la confiance du consommateur ou plutôt du porteur du moyen de paiement. La simplicité y contribue mais il faut aussi de la transparence, de la rapidité, de la sécurité dans la transaction. Et surtout, il faut que la technologie reste invisible. Elle ne doit pas être perçue comme une complication mais comme quelque chose d’évident, de naturel.

On parle beaucoup du cash. Quelle serait, selon vous, sa juste place au Maroc ?
Je parle plutôt de « less cash » que de « cashless ». L’idée n’est pas de supprimer totalement le cash. Le consommateur doit rester libre de choisir son moyen de paiement, et le commerçant aussi doit pouvoir choisir celui qu’il souhaite accepter. En réalité, il faut laisser jouer une forme de compétition entre les moyens de paiement. Si l’on veut favoriser un moyen plutôt qu’un autre, il faut créer les bonnes incitations, pour l’un comme pour l’autre. En revanche, le contraindre par des sanctions ou des obligations réglementaires n’est probablement pas la meilleure approche.

Quel rôle attribuez-vous à l’intelligence artificielle dans cette transformation ?
L’IA est un outil à la disposition des acteurs qu’ils peuvent mobiliser de différentes manières. On pense souvent aux chatbots mais elle peut aussi servir à personnaliser le parcours, à prédire des comportements, à anticiper des fraudes ou encore à offrir une expérience plus premium et plus adaptée au consommateur. Là encore, la meilleure IA est celle qu’on ne voit pas. Comme pour la technologie en général, l’idéal est qu’elle soit présente sans être intrusive.

Pour conclure, quelle est selon vous la priorité pour faire avancer cette révolution ?
La priorité, c’est de remettre le client au centre. Il faut observer le client, comprendre son besoin, son comportement réel, puis adapter les solutions à cette réalité. C’est à partir de là qu’on peut faire avancer durablement la transformation des paiements.

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