Food-BoissonsNewsslide

Tomate : la campagne 2026-2027 démarre avec moins de surfaces et jusqu’à 15 jours de retard

La campagne 2026-2027 de la tomate démarre dans le Souss-Massa avec une réduction estimée entre 10 % et 15 % des superficies consacrées à la tomate ronde et un retard de 10 à 15 jours sur le cycle d’hiver. L’analyse, publiée par L’Economiste, décrit une saison fragilisée par le manque d’eau, la chaleur et les risques phytosanitaires.

Les producteurs doivent composer avec le virus ToBRFV, le mildiou, les perturbations logistiques et les restrictions temporaires à l’exportation. Des températures ayant atteint 45 °C ont également endommagé des plants et provoqué des calibres et des rendements irréguliers.

Des exportations déjà en recul au printemps

D’après Morocco Foodex, les exportations agroalimentaires ont diminué de 11 % à fin avril 2026 pour s’établir à 549.000 tonnes. La tomate ronde a reculé de 15 % et les variétés segmentées de 8 %. L’Union européenne et le Royaume-Uni absorbent à eux seuls 93 % des volumes.

La campagne précédente avait pourtant établi un record avec 745.000 tonnes exportées entre juillet 2024 et juin 2025, pour une valeur proche de 1,2 milliard de dollars. Le contraste montre la sensibilité de la filière aux conditions de production.

L’eau reste le facteur décisif

L’irrigation a repris en juillet dans le Souss Amont et le périmètre de Guerdane après des travaux sur les réseaux. Dans la zone de Massa, des conduites restent attendues, tandis que la station de dessalement de Chtouka connaît des interruptions pouvant dépasser dix jours.

Certains exploitants recourent alors à des citernes coûteuses, avec une qualité d’eau et une salinité variables. Cette solution de dépannage renchérit la production sans garantir la stabilité nécessaire aux cultures sous serre.

Une concurrence européenne toujours serrée

Le Maroc, quatrième exportateur mondial de tomates fraîches en 2025, se rapproche des volumes espagnols sur le marché européen. Entre janvier et mai 2026, il a livré 243,47 millions de kilos à l’Union européenne pour 539,36 millions d’euros, contre 267,35 millions de kilos et 599,05 millions d’euros pour l’Espagne.

Cette proximité commerciale ne doit pas masquer la vulnérabilité de la production marocaine. Pour le consommateur comme pour l’exportateur, la stabilité des prix et des volumes dépendra de la capacité à sécuriser l’eau, limiter les pertes sanitaires et arbitrer entre marché intérieur et débouchés étrangers.

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page
×