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Covid : le FMI suggère de taxer les plus riches et les entreprises prospères

De manière temporaire et afin d'aider la lutte contre l'accroissement des inégalités, un impôt supplémentaire sur les particuliers les plus riches et les entreprises qui profitent de la pandémie du Covid-19 serait de bon aloi pour l'institution multilatérale.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà changé de cap ces dernières années en soutenant des politiques budgétaires plus actives, mettant en retrait la lutte contre les déficits. L’institution multilatérale affiche aussi désormais des positions fiscales qui pourraient heurter les plus libéraux. Elle soutient le projet international d’une taxation minimum des entreprises , en discussion à l’OCDE, et défend l’idée d’un nouvel impôt.

C’est, du moins, ce qu’a laissé clairement entendre Vitor Gaspar, le responsable du département des affaires budgétaires du Fonds à l’occasion de la publication, mercredi, du rapport sur l’évolution des finances publiques dans le monde .

Pour lui, les hauts revenus et les entreprises qui ont prospéré durant la crise pandémique du Covid-19 devraient payer un impôt supplémentaire pour faire preuve de solidarité avec ceux qui ont été les plus durement touchés par la pandémie. « Les pays […] peuvent envisager de prélever des contributions temporaires au recouvrement du Covid-19 en complément des taux les plus élevés de l’impôt sur le revenu des particuliers […]. Alternativement, les impôts sur les bénéfices ‘excédentaires’ en plus ou à la place de l’impôt ordinaire sur les sociétés peuvent assurer une contribution des entreprises qui prospèrent pendant la crise (comme certaines entreprises pharmaceutiques et hautement numérisées) », indique le rapport.

Ce dernier mentionne des expériences passées où des hausses temporaires des taux d’imposition sur le revenu des personnes physiques ont été introduites de manière exceptionnelle comme en Allemagne en 1991 avec l’introduction de l’impôt de solidarité après la réunification. L’Australie (2011) et le Japon (2013) sont également cités.

Réduire les inégalités

Pour le Fonds, une telle taxe temporaire permettrait de réduire les inégalités sociales que la crise économique et sanitaire de l’année dernière a exacerbées. Elle rassurerait également les personnes les plus touchées.

De plus, il apparaîtrait que la lutte contre la pandémie du Covid-19 est bien une entreprise collective au sein des sociétés. Bref, pour Vitor Gaspar, une augmentation symbolique des impôts de ceux qui ont prospéré au cours de l’année écoulée renforcerait la cohésion sociale. Les gouvernements devraient envisager une telle politique.

Elle renforcerait la perception de leurs citoyens « que tout le monde contribue à l’effort nécessaire pour se remettre du Covid-19 », a-t-il déclaré au « Financial Times ». En outre, le surcroît de recettes fiscales permettrait « d’accumuler les ressources nécessaires pour améliorer l’accès aux services de base, de renforcer les filets de Sécurité sociale et de redynamiser les efforts pour atteindre les objectifs de développement durable », écrit encore le FMI dans son rapport.

Source: Lesechos.fr

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