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Les professionnels œuvrant dans le domaine de la téléphonie mobile manifestent leur désaccord envers l’article 4 du Projet de Loi de Finances (PLF) 2024.

Ce projet de loi propose une augmentation des droits d’importation sur certains produits, passant de 2,5 % à 30 %. Parmi ces produits figurent les téléphones. Suite à cette annonce, les distributeurs officiels de téléphones, bien établis et reconnus, ont vivement critiqué cette mesure, soulignant qu’elle favoriserait les revendeurs opérant dans des circuits illégaux et non réglementés.

L’application de cette hausse des droits d’importation sur les smartphones risquerait d’encourager le marché de contrebande. En effet, les consommateurs pourraient être dissuadés d’acheter légalement en raison d’une augmentation significative des prix, les poussant vers des circuits non régulés.

Selon Omar El Boury, un expert en télécommunications représentant un groupe d’acteurs majeurs de la distribution de téléphones mobiles, l’augmentation des droits de douane entraînerait une augmentation de 40 % du prix final des smartphones. Cette hausse aurait un impact négatif sur le pouvoir d’achat des Marocains, surtout les couches sociales les plus vulnérables, et freinerait le développement du secteur numérique au Maroc.

Il est à noter qu’il s’agirait de la troisième mesure fiscale ciblant ces produits en 5 ans, comme le rappelle l’expert.

Les distributeurs appellent ainsi à la modification de l’article 4 du projet de loi de finances afin de maintenir les droits de douane sur les smartphones et autres dispositifs téléphoniques au taux actuel de 2,5 %.

Dans une déclaration à Hespress FR, l’expert estime que l’augmentation des droits de douane sur ces appareils nuirait à l’économie et impacterait différentes couches de la société. Il souligne que le secteur de la téléphonie mobile au Maroc compte environ 30 importateurs-grossistes ainsi que plus de 1 300 petits importateurs individuels, et emploie environ 100 000 travailleurs directs et indirects.

Les importations de smartphones en 2022 représentaient 4,68 milliards de dirhams, dont 68 % provenaient de Chine (3,07 milliards de dirhams) et 22 % du Vietnam (1,6 milliard de dirhams). Le pays importe près de 3 millions de smartphones par an, précise notre interlocuteur.

De plus, une augmentation des droits de douane entraînerait une hausse de la TVA à l’importation, ce qui augmenterait le prix des smartphones. Ces augmentations affecteraient directement les consommateurs appartenant à des catégories vulnérables.

Environ 60 % des consommateurs au Maroc utilisent des smartphones d’une valeur allant de 650 à 1200 dirhams. L’augmentation des prix les priverait de l’accès à ces outils, réduisant leur capacité à utiliser Internet pour des besoins essentiels tels que la communication, l’éducation, l’accès aux services administratifs, le contenu culturel et les opérations bancaires.

De surcroît, si la mesure était mise en œuvre, elle encouragerait le secteur informel et la contrebande, car les écarts de prix pourraient atteindre plus de 60 % suite aux nouveaux droits de douane et à la pression fiscale induite.

Omar El Boury indique que cette augmentation aurait un impact négatif sur les recettes actuellement générées, risquant une régression des revenus (qui ne dépassent pas 4%) en raison de la migration du secteur vers l’informel. Il souligne donc la nécessité de maintenir les droits actuels.

Enfin, une augmentation des droits d’importation aurait également un impact sur la sécurité des données personnelles et la santé des consommateurs, favorisant l’usage d’appareils contrefaits moins chers comme alternative aux smartphones authentiques. De plus, cela réduirait les possibilités d’accès à Internet et de suivi des avancées technologiques liées aux smartphones.

Dans son plaidoyer en faveur de la modification de l’article 4 du PLF 2024, l’expert souligne que maintenir les droits actuels accompagnerait les politiques publiques visant la transformation numérique via l’accès à Internet via le téléphone portable, en particulier les smartphones, alors qu’il y a actuellement plus de 36 millions d’abonnements à fin 2022.

Source : Fr.hespress.com

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