Éducation au Maroc: 6 % du PIB mobilisés mais un déficit d’efficience persiste

Le Maroc consacre à l’éducation 6 % de son PIB et près du quart de sa dépense publique. Cet effort, presque deux fois supérieur à la moyenne mondiale, ne se traduit pourtant pas par des performances scolaires équivalentes, selon une analyse relayée par Le360 à partir du magazine Challenge.
Un écart d’efficience estimé à 37 %
Le problème ne tiendrait pas seulement au montant des budgets, mais à leur répartition et à leur gestion. Le Fonds monétaire international estime à 37 % l’écart d’efficience du système éducatif marocain.
L’effort national est élevé rapporté à la richesse et aux dépenses publiques du pays. En revanche, la dépense par élève reste relativement faible en raison de la jeunesse de la population et du grand nombre d’enfants scolarisés.
Les salaires absorbent près de 90 % du budget
Près de 90 % du budget du ministère sont consacrés à la masse salariale de plus de 330.000 fonctionnaires. La part disponible pour les infrastructures, les équipements pédagogiques, la formation et les autres investissements demeure ainsi limitée.
À cette contrainte s’ajoute une exécution insuffisante des crédits d’équipement, particulièrement dans l’enseignement supérieur. Une partie des moyens prévus pour la modernisation peine donc à se matérialiser sur le terrain.
Une rupture marquée entre le primaire et le collège
Les évaluations PISA montrent des retards importants en mathématiques, en sciences et en lecture chez les élèves de 15 ans. Les résultats de TIMSS font toutefois apparaître des progrès au primaire, suivis d’une nette dégradation à l’entrée au collège.
Cette rupture est associée au changement des méthodes pédagogiques et à l’augmentation du niveau d’abstraction. Le redoublement, particulièrement élevé, alourdit en parallèle le coût supporté par la collectivité.
Les familles financent près de 30 % du coût total
Les ménages prennent en charge près de 30 % des dépenses d’éducation, notamment par le recours aux cours de soutien et à l’enseignement privé. Cette contribution renforce les écarts sociaux et montre que les difficultés du système ne relèvent pas uniquement d’un manque de financement.
Trois priorités sont avancées : sécuriser le passage du primaire au collège, améliorer l’exécution des budgets d’investissement existants et moderniser le pilotage afin d’accroître l’impact de chaque dirham dépensé.
Avec Le360
