Médicaments: les laboratoires punissent le consommateur?

medicament cnops pharmacie 24 juin 2016 service public

Tout le monde se rappelle encore la polémique soulevée par la décision en 2014 du gouvernement de faire baisser les prix d’une longue liste de médicaments. De tous, les laboratoires pharmaceutiques, notamment les multinationales, ont été les plus virulents et les plus engagés à vouloir garder le statut quo. Motif: cette baisse viendrait rogner sur leur marge et rendrait le marché marocain moins intéressant, d’où donc la menace probable de retrait…

5 ans après où est-ce qu’on en est? Il semble aujourd’hui que l’éco-système du médicament s’est arrangé pour ne garder sur le marché que les produits les plus lucratifs.

En effet, dans un article paru aujourd’hui, Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc affirme que « les médicaments dont les prix ont baissé n’étaient plus disponibles en pharmacie car ils ne permettent plus la moindre marge bénéficiaire pour les officines ».

Les officines n’agiraient pas seules d’après Rachida Essoudiki, responsable au sein de l’association du protecteur du consommateur à Kénitra. Celle-ci parle d' »une collusion entre industriels pharmaceutiques, distributeurs et officines » en « mettant hors circuit les médicaments à bas prix pour proposer aux malades des médicaments de rechange beaucoup plus chers » dans l’objectif de « réaliser des bénéfices conséquents ».

D’ailleurs, probablement pour vérifier la probabilité d’une entente malveillante, le Conseil de la Concurrence a lancé une enquête sur les difficultés d’accès aux médicaments.

Il semble en effet que la dépense annuelle moyenne par Marocain de 400 dirhams consacrée aux médicaments n’a fait que baisser depuis la réforme des tarifs (alors qu’elle a été censée augmenter).

Face à une offre réelle défiant le pouvoir d’achat du consommateur il est naturel que ce dernier  se rabatte sur la médecine alternative, voire populaire avec tous les dangers que cela comporte sur la Santé Publique.

A-t-on le droit de prendre en otage la santé du citoyen?!