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Soja, maïs et viande, le trio gagnant de l’économie argentine

Avec l'avancée des récoltes du soja et du maïs, le secteur agricole en Argentine jubile en voyant que ses performances exportatrices augmentent de 26% cette année.

Le secteur confirme ainsi sa place centrale dans l’économie de cet immense pays dont les terres dédiées l’agriculture occupent 37,5 millions d’hectares, soit une superficie 12 fois supérieure à certains pays européens comme la Belgique.

Selon les projections rendues publiques cette semaine par le secteur agricole, les exportations agricoles rapporteront cette année au pays 10 milliards de dollars supplémentaires par rapport à 2020, à la faveur notamment de l’augmentation des prix sur les marchés internationaux (Chicago).

Trois filières sont à l’origine de cette performance : Le soja, le maïs et la viande bovine. Elles assurent environ 70% des exportations du pays et autant de poids dans la balance des paiement.

La culture qui contribue le plus à l’économie argentine est évidemment le soja, dotée d’un puissant complexe industriel de transformation en farine et huile de soja, suivi du maïs.

Ces trois filières totaliseront des rentrées en devises de quelque 65 milliards de dollars, selon les estimations de la Bourse de Rosario, une ville au nord de Buenos Aires qui représente la principale porte de sortie des exportations des céréales du pays.

Les exportations de soja se déclinent en plusieurs dérivées qui nourrissent les chaînes de fabrication des oléagineux du monde entier, notamment l’huile de soja, les tourteaux destinées à l’alimentation animale en plus du biodiesel.

Bien qu’elle soit loin derrière le secteur du soja en termes de recettes d’exportation, la filière du maïs monte en puissance et dépasse le soja en volume de récolte (plus de 50 millions de tonnes) et voit sa valeur sur le marché mondial évoluer positivement d’année en année.

Emilce Terré, économiste à la Bourse de Rosario, se félicite de cette évolution qui représente une « excellente nouvelle pour l’économie argentine ».

Cité par la presse locale, Terré énumère les principaux bénéficies des exportations du soja et du maïs : les dollars engrangés permettent d’atténuer la pression sur le marché des changes, de financer les importations et d’honorer les engagements de paiement de la dette externe.

Réputée mondialement, la viande de bœuf argentin s’exporte bien. Le pays compte 54 millions de têtes de bovins, l’un des cheptels les plus imposant au monde. Au cours de la dernière année, le pays a exporté plus de 900 mille tonnes de viande bovine pour une valeur proche de 2,7 milliards de dollars.

Autant dire que les exportations du secteur agricole sont la dernière bouée de sauvetage pour l’économie du pays qui a atteint les limites de l’endettement extérieur. Pis encore, L’Argentine a montré récemment des signes annonciateurs de son incapacité à payer la dette arrivée à échéance, contractée auprès du Fonds monétaire international et le Club de Paris.

Comme rarement dans l’histoire de ce pays, le complexe agro-industriel représente une valeur sûre adossée aux millions d’hectares cultivables, un savoir-faire qui ne se démontre plus, une pluviométrie très favorable et un potentiel jamais démenti pour chercher de nouvelles débouchées.

Conscient de cette réalité, le gouvernement argentin ne cesse de chercher de nouveaux partenaires en Afrique et en Asie et avance dans un accord de libre-échange avec l’Union Européenne en compagnie de ses partenaires au sein du Marché commun du sud (Mercosur).

Un secteur tellement vital pour le pays qu’il va générer cette année pour le trésor argentin des recettes fiscales de quelque 8,6 milliards de dollars USD.

En arrière fond de cette manne de devise, un débat agite la scène économique. Certains économistes proches du gouvernement pensent que c’est la hausse des prix des céréales sur le marché mondial qui alimente l’inflation dans le pays.

Leurs détracteurs rejettent cette analyse, arguant que le soja qui est exporté presque en totalité n’a aucun impact sur le prix du panier de base des argentins. Ils pointent plutôt du doigt la planche à billet que le gouvernement met en marche pour financer le déficit public, entrainant une inflation galopante.

Selon la Fondation agricole pour le développement de l’Argentine (FADA), une institution indépendante dédiée à la promotion des exportations agricoles, « ce qui génère l’inflation, c’est le financement du déficit budgétaire. Ce n’est pas un problème de céréales ».

En dépit de ce débat et du grognement des agriculteurs à cause de la pression fiscale, l’agro-industrie argentine continuera d’être le principal moteur de l’économie. Elle se profile comme une sorte de « messie » qui détient les rênes de sauvetage des finances publiques dans une année électorale assombrie par la pandémie

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