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Automobile : DS veut encore croire à un marché pour la grande berline française

Avec un an de retard, le groupe Stellantis (ex-PSA) lance la DS9, fabriquée en Chine.

Elle ne manque pas de prestance, la nouvelle DS9, avec ses lignes fluides. Grâce à l’hybridation des motorisations, elle développe des puissances inédites (jusqu’à 360 chevaux), offre un confort de suspension bien au-dessus de la moyenne et son habitacle tendu de cuir pleine fleur n’a pas grand-chose à envier aux références de la catégorie.

Pourtant, il est probable que cette voiture longue et basse va ajouter son nom à la liste des modèles français, qui, au cours des deux dernières décennies, ont vainement tenté de trouver leur place sur le segment de la grande berline premium. Echaudés par l’échec de la Vel Satis, de la 607 ou de la C6, Renault, Peugeot comme Citroën ont d’ores et déjà renoncé à leurs ambitions sur ce segment. Créée en 2014, la marque DS veut tenter sa chance.

La carrière de la DS9, qui se veut le porte-emblème du « luxe à la française », n’a pas commencé sous les meilleurs auspices. La décision de localiser sa production en Chine (« un choix pragmatique », assure le constructeur) ne lui a, jusqu’à présent, guère réussi. Son lancement a été perturbé par le divorce intervenu entre PSA et le groupe Chang’an, son partenaire au sein d’un joint-venture qui n’a jamais permis à la marque française de décoller. Aujourd’hui, DS, qui ne compte plus que vingt concessionnaires sur le territoire chinois, doit entièrement reconstruire son réseau.

Déficit technologique

Lancé avec plus d’un an de retard, ce véhicule, prioritairement destiné au marché chinois – en témoignent le large espace réservé aux places arrière et la surabondance de chromes sur sa carrosserie –, s’inscrit en décalage au regard des tendances à l’œuvre au sein du premier marché mondial, où les automobilistes sont toujours plus portés sur les SUV. Il en va de même en Europe, où les grandes berlines, essentiellement allemandes (BMW Série 5, Mercedes Classe E…), ont vu leurs ventes baisser d’un tiers en 2020. Un recul de huit points supérieur à la baisse moyenne du marché.

Après avoir connu un démarrage prometteur, DS a produit au total 52 600 et 43 500 unités en 2019 et 2020, soit la moitié de ce qu’elle diffusait en 2013 et 2014

Sur le segment du haut de gamme, univers où la légitimité de marque compte au moins autant que le modèle lui-même, la signature « premium » du groupe Stellantis ne peut puiser dans une tradition ancrée dans la culture automobile. Pas question non plus de chercher à cultiver le souvenir de la DS de 1955 en mode rétrofuturiste. Paradoxalement, cette figure tutélaire paralyse davantage qu’elle n’inspire les concepteurs de la gamme. Face aux valeurs sûres allemandes, suédoises ou japonaises, la grande berline à la française risque d’apparaître quelque peu hors-sol.

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