Spéculation sur le dirham : la vérité de Benchaâboun

On s’en souvient, Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib, avait accusé les banques de la place de l’avoir poignardé dans le dos. Comment? En ayant spéculé sur le dirham provoquant une chute vertigineuse des réserves de changes et entrainant en conséquence l’arrêt du processus de la libéralisation du dirham (voir  ce propos notre article).

Aujourd’hui nous avons la version du secteur bancaire. Il s’agit d’une déclaration faite par Mohamed Benchaâboun, PDG Groupe Banque Populaire, en réponse à une question Consonews lors de la présentation des résultats du premier semestre 2017 de la banque.

« Nous ne faisons pas de la spéculation sur les devises. Aucune banque de la place ne dispose de structure dédié à cet effet », affirme-t-il sans détour avant de nuancer: « ce que nous faisons c’est plutôt acheter des couvertures de change à terme pour le compte de nos clients dans le cadre d’opérations de commerce international ».

Qu’est ce qui explique donc les sorties massives des devises à l’approche de l’entrée en vigueur de la flexibilité des dirhams?

« D’habitude les couvertures demandées par nos clients n’entraînaient pas de sorties de devises. Il se trouve que cette demande a changé pour porter davantage sur des produits entraînants des sorties de devises. Mais ce ne sont là que des sorties temporaires. Car au moment où le contrat de commerce international est exécuté il rentrée de devises », explique le PDG non sans effort de vulgarisation.

Benchaâboun reprend ensuite une posture plus philosophique pour exprimer ce qui s’apparenterait bien à une intime conviction : « on ne peut pas prétendre à une politique de change flexible tout en ayant l’ambition d’administrer les choix et actions des acteurs économiques ».

Le message est à peine dissimulé en direction des autorités bancaires.

Serait-ce un conflit de générations?