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Les marocains tournent le dos aux cybercafés et téléboutiques

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. S’il y a des gens qui ont souffert de la vulgarisation de l’internet et de la généralisation du mobile des PC portables et des tablettes durant les deux dernières décennies ce sont bien les propriétaires de cybercafés et de téléboutiques.

Avec l’apparition de l’internet au Maroc en 1995, les cybercafés ont vu le jour en grand nombre. De 370 en 2000, on est passé à quelques 8.950 cybercafés en 2010 selon une étude l’ANRT. «Réservés au Net, ces espaces ont permis le développement de la connexion avec la société d’information. Les marocains ont découvert de nombreux mystères qui entourent la toile grâce aux cybercafés», analyse un expert en Télécoms.

D’après les résultats de l’enquête de collecte des indicateurs TIC de l’ANRT en 2004, on note un taux de 88,4% d’accès à internet en dehors du domicile, principalement dans des lieux d’accès payant.

Un chiffre qui a nettement reculé à 38% en 2010 puis à seulement 15,6% en 2017.

Mais les habitudes ont changé. Il y a15 ans, les Marocains pouvaient passer de longues heures à surfer dans le cybercafé du coin. Désormais, plus besoin de s’y déplacer, quand on peut facilement disposer d’une connexion wi fi chez soi ou sur un appareil mobile avec des prix de plus en plus abordables grâce à la prolifération des offres des différents opérateurs.

Rencontré dans un cyber, Anas jeune étudiant affirme qu’il n’est de passage qu’occasionnellement. «Si je suis là, c’est parce que j’avais besoin de télécharger et imprimer des formulaires d’inscription aux universités », explique-t-il.

Le propriétaire du lieu ne cache pas sa déception. «Les affaires tournent mal. Je me suis tourné vers la photocopie, l’impression et la vente  d’appareils et objets numériques pour limiter les dégâts », regrette t-il.

A l’extérieur, Hajar nous confie qu’elle ne va «jamais» dans un cybercafé. «J’ai la connexion chez moi, au bureau, dans la majorité des cafés où je vais et sur mon portable. Donc, je n’ai pas besoin d’aller dans un cybercafé et payer 5 ou 6 dirhams l’heure, alors que l’abonnement ADSL par mois coûte moins de 100 dirhams ».

Téléboutiques délaissés

Les téléboutiques de leur côté ont de plus en plus tendance à s’effacer de façon confirmée du Maroc. Leur nombre ne cesse de diminuer. Alors qu’en début des années 2000, elles fleurissaient dans les différents quartiers des villes, des milliers ont rendu l’âme au moment où d’autres agonisent à ce jour.

Selon l’ANRT, à décembre 2006, le parc des publiphones comprenait 173.194 lignes.

La courbe d’évolution des publiphones a commencé à fléchir de façon conséquente depuis fin 2009 où une baisse de plus de 3% a été observée en cette période.

En 2015, les publiphones se chiffraient à 31.087 lignes. Rien qu’entre 2015 et 2018, le nombre de cabines téléphoniques est passé de 38.024 cabines à 6.420 sur tout le territoire national. «La baisse continue du parc des publiphones et le résultat de la démocratisation de l’accès à la téléphonie sur l’ensemble du Territoire et  la chute des prix des communications, surtout au niveau du segment mobile. A fin 2018, le prix moyen des communications est passé de 1.60 dirhams la minute en 2009 à moins de 0.12 centimes», analyse l’expert Télécom.

TÉLÉPHONES/INTERNET: BOULEVERSEMENT DES US ET CODES

L’explosion des dispositifs digitaux (smartphones, tablettes, TV connectées, ordinateurs portables…) a profondément bouleversé le comportement des consommateurs marocains. Considéré à une époque comme un jouet de riche assez peu utile, le téléphone mobile occupe une place de plus en plus essentielle dans notre vie quotidienne. On compte actuellement un taux d’équipement de 99,78% dont 73,4% de Smartphones. Fini le marocain qui se contentait d’utiliser son mobile pour passer des appels et envoyer/recevoir des SMS et l’ADSL était plus un moyen pour le mail, tchat, chercher des informations sur un sujet précis… L’arrivée d’internet, en particulier la 3G, a impacté fortement les usages. Les mobiles 3G (de troisième génération) légers, peu coûteux et polyvalents lancés vers 2004 ont permis de communiquer de multiples manières (par la voix, par courrier électronique…) et d’accéder en plus à des informations et des divertissements. En dix ans (2005-2015), le marché de l’internet mobile est monté en puissance. Et les Marocains sont de plus en plus connectés sur leurs téléphones devenus des ordinateurs que l’on tient dans le creux de sa main surtout avec l’arrivée de la 4G. Les usages sont multiples et diffèrent en fonction du sexe, de l’âge, statut social…«Je ne peux plus me passer de mon téléphone ni d’internet. Je passe 3 heures sans arrêt, et parfois plus, devant mon petit écran pour vérifier mes mails et accéder aux réseaux sociaux», déclare Youssef, un jeune cadre dans une multinationale. Pour Nadia de 23 ans et employée dans une banque de la place, son téléphone est plus une source de «tberguig ». «Je me connecte juste pour voir les tendances d’habillement, suivre l’actualité des stars et celle de mes copines bloggeuses ». L’usage diffère chez Mohamed, retraité. Il a un Smartphone et un abonnement 4G. «Ce qui m’intéresse le plus c’est d’être au courant de l’actualité nationale et internationale».

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