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Le PLF-2022 est « à la fois un projet d’expansion et d’austérité »

Le projet de loi de finances (PLF) au titre de l’exercice 2022 est « à la fois un projet d’expansion et d’austérité », a estimé l’Enseignant chercheur à la Faculté des sciences économiques, juridiques et sociales (FSJES) Souissi de l’Université Mohammed V de Rabat, Hicham Attouch, invité du programme hebdomadaire « Les Mardis du PCNS » du Policy Center For The New South (PCNS).

« Ce projet de loi de finances est à la fois un projet d’expansion et d’austérité: un projet de loi d’expansion au regard des investissements prévus, car il vise à augmenter les dépenses d’investissement à titre d’exemple, et un projet de loi d’austérité car il ne comporte pas beaucoup de mesures pour soutenir la demande, alors qu’il prévoit de nombreuses mesures fiscales », a dit M. Attouch lors de cette session du 23 novembre de ce programme, consacrée à l’examen du PLF-2022.

Il a également souligné que le PLF-2022 compte mettre en œuvre un ensemble de lois-cadres telles que la loi-cadre n° 69.19 sur la réforme fiscale et la loi-cadre n° 51.17 sur la réforme du système de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

Ce projet, poursuit l’universitaire, se distingue aussi par la détermination de sortir du goulot d’étranglement de la crise consécutive à la pandémie du covid-19, notant qu’il doit aussi traduire la volonté du Maroc qui a choisi d’être leader sur le continent africain et cherche à se repositionner auprès de ses partenaires en optant pour une approche anglo-saxonne.

Évoquant les nouveautés du PLF-2022, M. Attouch a mis en avant l’activation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement avec un volume de 45 milliards de dirhams (MMDH), dont 15 MMDH seront déboursés cette année. Ce fonds viendra soutenir des projets stratégiques principalement en plus des petits projets.

De même, il a souligné que l’Agence nationale de gestion stratégique des investissements et participations de l’État sera elle aussi activée, indiquant que parmi les objectifs de ce projet, figure également la généralisation de la protection sociale. M. Attouch a, à cet égard, rappelé que 22 millions de Marocains vont pouvoir bénéficier de la couverture médicale et que 9 MMDH seront alloués en plus au secteur de la santé et de la protection sociale, ainsi qu’au secteur de l’éducation, de la formation, des sports et de l’enseignement préscolaire.

S’agissant des nouvelles mesures en matière de financement prévues dans le PLF, l’enseignant a précisé que les dépenses au titre du projet de loi se situent dans la limite de 520 MMDH, dont 230 MMDH proviendront des impôts (40%) et 105 MMDH seront financés par la dette intérieure et extérieure.

Les contributions de l’État, quant à elles, ne dépasseront pas 18 MMDH, a-t-il souligné, notant que la principale source est l’imposition, les impôts indirects augmenteront de 11%, alors que les impôts directs vont croître de 20% et les recettes douanières de 10%.

Par ailleurs, M.Attouch a insisté sur la grande importance de mettre en œuvre l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics, car pour aller de l’avant l’État doit aujourd’hui accorder davantage de marge au marché intérieur et extérieur.

Les secteurs de l’eau, de l’électricité et des transports, étant liés à la sécurité stratégique du pays, nécessitent des réformes profondes, en matière d’efficacité, d’efficience, de suivi, de contrôle judiciaire et de mise en œuvre du rôle d’institutions de poids telles que la Cour des comptes, a préconisé l’universitaire.

Source: MAP

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