Le régime de change flexible menace le pouvoir d’achat

Récemment, la Banque Centrale s’est activée comme elle ne l’a jamais fait auparavant en vue d’instaurer un régime de change flexible au Maroc. La différence avec le système de change fixe actuel est que la parité du dirham par rapport aux devises étrangères sera fixée par le marché (de change international) et non par Bank Al Maghrib. Disons que l’Etat renonce volontairement à une part de sa souveraineté sur la monnaie.

Quel impact sur le pouvoir d’achat donc?

Le Maroc étant un pays importateur net, la demande adressée à la devise étrangère par les agents économiques locaux sera toujours supérieure à la demande sur le dirham. Cela implique donc que le dirham représente une situation de faiblesse structurelle face aux autres devises.

Si les choses restent au niveau actuel, tant mieux. Mais le risque est de voir la parité du dirham chuté ce qui impliquerait automatiquement une appréciation des prix des biens importés et donc une érosion du pouvoir d’achat des ménages.

« L’abandon du régime de change fixe pourrait exposer l’économie marocaine à un certain nombre de risques. Tous d’abord, compte tenu de la relative ouverture commerciale du Maroc, les fluctuations des taux de change peuvent avoir des effets néfastes significatifs sur l’inflation, impactant ainsi le pouvoir d’achat. Puis, sous un régime de taux de change flexible, la Banque centrale serait amenée à augmenter ses interventions directes sur le marché des changes. Cela pourrait mobiliser davantage les réserves de change qui pourraient connaître des pertes potentielles. En plus, si les cours du pétrole reviennent à leur niveau de 2013 et 2014, la situation se compliquerait et mettrait en cause la flexibilité », commente Driss Afina, économiste, professeur à l’IAV et président du Centre indépendant des analyses stratégiques.

La maîtrise du taux d’inflation autour de 1 à 2% a été jusque-là une des prouesses les plus remarquables de Bank Al Maghrib.

Ce fût une belle époque!