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Couverture médicale : la feuille de soins électronique ouvre une nouvelle ère pour l’assurance maladie

La réforme de la feuille de soins électronique s’apprête à franchir une étape décisive avec le lancement, prévu fin mars 2026 à Kénitra, d’une phase pilote avant une généralisation progressive à l’échelle nationale entre avril et juin. Ce chantier stratégique, piloté par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), s’inscrit dans la modernisation globale du système de couverture médicale et annonce la fin progressive du tout-papier, dont le coût annuel est estimé à près de 100 millions de dirhams.

L’objectif affiché est clair : simplifier les démarches des assurés, accélérer le traitement des remboursements, renforcer la traçabilité des actes médicaux et réduire les charges administratives. Le nouveau dispositif repose sur un échange numérique sécurisé des données entre la CNSS et l’ensemble des intervenants du parcours de soins, notamment médecins, pharmaciens, laboratoires d’analyses et centres d’imagerie, au sein d’un système d’information intégré.

Dans la pratique, le médecin établira la prescription via une plateforme dédiée. À l’issue de la consultation, le patient recevra une ordonnance comportant un code QR et un identifiant unique correspondant à sa feuille de soins électronique. Ces éléments permettront aux pharmaciens et aux laboratoires d’accéder au dossier, d’y enregistrer les actes effectués ou les médicaments délivrés, puis de transmettre automatiquement les informations à l’organisme gestionnaire pour remboursement.

Afin d’éviter toute rupture dans la continuité des soins, une période transitoire est prévue durant laquelle les supports papier et électronique coexisteront. Cette phase d’adaptation doit permettre aux professionnels de santé de se familiariser avec le nouvel outil et d’ajuster leurs pratiques.

La réforme s’inscrit également dans un cadre législatif renouvelé avec la loi 54.23, publiée fin janvier 2026. Celle-ci prévoit notamment le transfert de la gestion de l’assurance maladie du secteur public vers la CNSS, dans une logique de rationalisation et d’unification de la gouvernance. Le texte intègre par ailleurs les étudiants dans d’autres dispositifs de couverture et étend la prise en charge des enfants à charge jusqu’à 30 ans sous certaines conditions.

Les autorités estiment que la dématérialisation complète des feuilles de soins pourrait générer jusqu’à 400 millions de dirhams d’économies annuelles grâce à la réduction des coûts d’impression, de traitement manuel et d’archivage. Toutefois, certains professionnels de santé soulignent que la transition implique des investissements en équipements informatiques, en sécurisation des données et en formation, en particulier pour les structures privées.

Au-delà des considérations budgétaires, la feuille de soins électronique constitue un jalon essentiel vers la mise en place d’un dossier médical partagé, considéré comme un levier stratégique pour améliorer la coordination des soins, renforcer la transparence et optimiser l’efficacité du système de santé marocain. La réussite de cette transformation dépendra toutefois de l’accompagnement technique, notamment dans les zones rurales ou moins connectées, afin de garantir une adoption équitable et fluide sur l’ensemble du territoire.

Avec Al Ahdath Al Maghribia

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