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Carburants au Maroc: des écarts atteignent 70 centimes et les restrictions de livraison sont mises en cause

Le débat sur les carburants ne porte plus seulement sur le niveau du baril. Il concerne désormais le chemin exact qui relie les prix internationaux au montant affiché à la pompe. Au Maroc, les hausses sont ressenties immédiatement, les baisses paraissent plus lentes et les écarts entre enseignes atteignent des niveaux inhabituels.

Le 1er novembre à Casablanca, le gasoil était affiché entre 16,40 et 16,99 dirhams le litre, soit 59 centimes d’écart. Pour l’essence, la différence atteignait 70 centimes, entre 14,99 et 15,69 dirhams. Sur un plein de 50 litres, le seul choix de la station pouvait ainsi représenter près de 30 dirhams supplémentaires pour le diesel.

Des livraisons réduites avant les augmentations ?

La Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants de stations-service accuse certaines sociétés de distribution de réduire les volumes livrés, voire d’annuler des commandes, avant l’entrée en vigueur d’une hausse. Si elles étaient établies, ces pratiques permettraient de différer la vente jusqu’aux nouveaux tarifs et expliqueraient certaines pénuries ponctuelles observées à la veille des révisions.

La Fédération demande de vérifier les commandes, les livraisons, les annulations et les stocks détenus. Elle rappelle que les stations perçoivent une marge fixe par litre et non un pourcentage du prix. La hausse renchérit donc le financement de leurs stocks sans augmenter automatiquement leur marge unitaire.

TotalEnergies plafonne en France, mais affiche le tarif le plus élevé à Casablanca

TotalEnergies chiffrait à 500 millions d’euros son effort de plafonnement des prix en France. Au même moment, sa filiale marocaine affichait 16,99 DH pour le gasoil et 15,69 DH pour l’essence, les deux tarifs les plus élevés du relevé casablancais.

Cette comparaison ne suffit pas à prouver une pratique abusive, les marchés, la fiscalité et les conditions d’approvisionnement étant différents. Elle renforce néanmoins une demande légitime : publier les éléments de formation des prix, les marges et le calendrier de répercussion des variations internationales.

Le Conseil de la concurrence avait déjà constaté en 2022 que les hausses semblaient transmises plus rapidement que les baisses. Pour le consommateur, la concurrence ne devient réelle que si les écarts sont lisibles, si l’approvisionnement reste normal et si les autorités peuvent vérifier les mouvements de stocks avant chaque révision.

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