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Chaines d’approvisionnement: le Maroc tire son épingle du jeu

La succession des crises dans le monde au cours des dernières années a entraîné dans son sillage une perturbation majeure des chaines d’approvisionnement. Source de menaces diverses pour l’ordre économique globale, ces turbulences ne sont pas sans conséquences sur l’économie du Maroc. Néanmoins, au milieu de ce bouleversement, de nouveaux paris pourraient se profiler à l’horizon.

Si le Maroc a su tirer profit de la crise sanitaire pour engager des réformes audacieuses pour l’intérêt à la fois de la population et de son tissu économique, il se doit de poursuivre son virage économique où le renforcement de la souveraineté dans des secteurs clé et la consolidation de son positionnement dans les chaines de valeurs, sont maîtres mots.

Cet impératif s’impose, de nos jours, avec acuité eu égard à la conjoncture économique mondiale particulière marquée notamment par la montée des pressions inflationnistes, la persistance des incertitudes sur les perspectives de croissance, avec comme toile de fond de diverses tensions géopolitiques.

Mais force est de constater que le positionnement du Maroc dans les chaines de valeurs mondiales (CVM), est le fruit d’une série d’actions initiées au cours des dernières années en matière notamment de priorisation de ses secteurs économiques clé, de renforcement de l’attractivité de l’investissement, de diversification de ses partenaires, de développement d’écosystèmes industriels intégrés et puis de renforcement de la résilience de son économie.

« L’évolution chronologique des plans industriels nationaux permet de mettre en relief la dynamique évolutive du positionnement du Maroc dans les CVM », a indiqué Hafsa El Bekri, Enseignante-Chercheure à l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès.

Si le Pacte national (2009-2014) a permis de définir les contours de la stratégie industrielle nationale visant l’intégration des systèmes de production mondialisés, la politique des écosystèmes intégrés promue par le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) a permis au Maroc d’intégrer le palmarès des destinations d’investissement les plus compétitives en Afrique et de l’ériger en destination Best cost pour les investisseurs étrangers, a expliqué Mme El Bekri dans une interview accordée à la MAP.

Le lancement du plan de relance industrielle (PRI) arrive à un moment de profondes crises. Il s’agit, a-t-elle précisé, d’un moment charnière où le Maroc est appelé à consolider ses acquis afin d’opérer une montée en gamme qualitative dans les CVM.

Pour la chercheure en économie internationale, Les bouleversements actuels liés à la crise pandémique, à la guerre en Ukraine, ou encore à la crise écologique laissent présager des scénarios de repli dans certaines filières et augure bien de l’avenir de certains secteurs.

En commençant par l’hypothèse de repli, Mme El Bekri a précisé que ce scénario être justifié par trois séries de considérations en l’occurrence: Des facteurs stratégiques exogènes liés aux politiques protectionnistes de certains pays, des facteurs structurels liés à la vulnérabilité du modèle de fragmentation de la production et d’une logistique mondialisée et dernièrement des facteurs temporaires associés à la capacité d’adaptation de l’industrie marocaine aux mutations écologiques et technologiques.

Toutefois, Mme El Bekri n’a pas caché son optimisme en relevant que la multiplication des crises géopolitique, sanitaire et écologique révèlent d’ »énormes opportunités » pour l’industrie marocaine.

Pour gagner ce pari, le Maroc est « appelé à renforcer davantage son autonomie industrielle et à consolider son positionnement dans les chaines de valeurs européennes », a-t-elle noté.

Par ailleurs, la crise écologique n’est pas en reste. Le Maroc, dans ce cadre, entame sa marche forcée vers la décarbonation sous l’impulsion des donneurs d’ordre internationaux, a-t-elle fait remarquer.

« L’industrie marocaine devrait bénéficier des dispositifs d’accompagnement nécessaires pour réussir le processus de décarbonation et renforcer sa compétitivité à l’échelle internationale », a-t-elle lancé à ce sujet.

Perturbation des chaines d’approvisionnement, la relocalisation est-elle la solution ?

Dans un monde post-covid marqué par des ruptures d’approvisionnement, exacerbées par les pressions du contexte géopolitique, suite particulièrement au conflit russo-ukrainien, le débat sur le phénomène de la relocalisation refait surface.

Les avantages et les inconvénients de cette politique à l’aune du nouveau contexte mondial fait l’objet de bon nombre d’études et constats d’économistes et d’analystes. Entre opportunités pour l’économie de certains pays et menaces pour l’équilibre de l’économie mondiale, la réussite de la relocalisation reste tributaire d’une série de conditions liées notamment à l’attractivité d’un pays et à la qualité de son climat des affaires.

L’économie nationale en affichant des tendances mitigées reste toutefois soutenue par une combinaison de facteurs positifs, dont une bonne performance de l’investissement, notamment public.

De même, la nette volonté de hisser le niveau de l’investissement, privé en particulier, à la faveur de la nouvelle charte de l’investissement serait au cœur des nouveaux enjeux de renforcement du positionnement du Maroc pour en faire un pôle continental et international de plus en plus attractif.

Source: MAP

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