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Conjoncture : la confiance des ménages se redresse fin 2025, malgré des inquiétudes persistantes

L’Indice de confiance des ménages (ICM) a enregistré une amélioration notable au quatrième trimestre de 2025, traduisant un léger redressement du moral des ménages marocains après plusieurs années marquées par une dégradation continue des perceptions économiques. Selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’ICM s’est établi à 57,6 points, contre 53,6 points au trimestre précédent et 46,5 points à la même période de l’année 2024.

Cette progression reflète une amélioration simultanée des perceptions relatives à la situation générale de l’économie et à la situation financière propre des ménages, même si les soldes d’opinion demeurent globalement négatifs sur plusieurs indicateurs clés. Le HCP souligne que cette évolution positive s’inscrit dans un contexte de ralentissement de l’inflation et d’anticipations moins pessimistes concernant l’emploi et le pouvoir d’achat.

Sur le plan du niveau de vie, la perception des ménages reste dominée par un sentiment de dégradation. Au quatrième trimestre, près de 78 % des ménages estiment que leur niveau de vie s’est détérioré au cours des douze derniers mois, contre seulement 5 % qui évoquent une amélioration. Le solde d’opinion correspondant demeure fortement négatif, à –72,5 points, bien qu’en légère amélioration par rapport aux trimestres précédents. Les anticipations à un an s’améliorent également : si près de la moitié des ménages s’attendent encore à une dégradation future, cette proportion recule, traduisant une atténuation du pessimisme.

Les perceptions liées au chômage enregistrent une évolution plus favorable. La part des ménages anticipant une hausse du nombre de chômeurs au cours des douze prochains mois s’élève à 65 %, contre plus de 77 % un an auparavant. Le solde d’opinion, bien que négatif, s’améliore sensiblement, passant à –47,7 points, ce qui traduit une confiance relative dans l’évolution future du marché du travail.

Concernant la consommation, la conjoncture reste jugée peu propice aux achats de biens durables. Plus des deux tiers des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour ce type de dépenses. Toutefois, le solde d’opinion s’améliore par rapport à 2024, signe d’un léger desserrement des contraintes perçues sur les décisions d’achat.

La situation financière des ménages demeure fragile. Une majorité estime que ses revenus couvrent à peine les dépenses, tandis que près de 40 % déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne. Les soldes relatifs à la situation financière actuelle et passée restent négatifs, mais montrent des signes d’amélioration progressive. Les anticipations pour les douze prochains mois sont moins pessimistes, avec un solde proche de l’équilibre, traduisant une attente prudente mais moins défavorable qu’auparavant.

L’enquête met également en évidence une perception toujours marquée par la hausse des prix alimentaires. Plus de 90 % des ménages déclarent une augmentation des prix au cours de l’année écoulée. Néanmoins, les anticipations pour l’année à venir indiquent une hausse jugée moins prononcée qu’en 2024, ce qui contribue à soutenir partiellement la confiance globale.

Sur les indicateurs structurels évalués annuellement, les ménages perçoivent une amélioration de la qualité des prestations administratives, bien que le solde d’opinion recule par rapport à l’année précédente. En revanche, les perceptions liées à la protection de l’environnement et à la situation des droits de l’Homme affichent un léger repli. La qualité des services de l’enseignement est jugée en amélioration par rapport à 2024, tandis que celle des services de santé demeure largement perçue comme en dégradation.

Au total, les résultats de l’enquête du HCP traduisent un redressement progressif mais encore fragile de la confiance des ménages à la fin de l’année 2025. Si les perceptions restent majoritairement négatives, leur amélioration simultanée sur plusieurs composantes suggère un changement de tendance, porté par l’apaisement de l’inflation et des anticipations moins défavorables sur l’emploi et les prix.

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