Huile d’olive : les prix repassent sous les 50 dirhams le litre grâce à une campagne exceptionnelle

Les prix de l’huile d’olive enregistrent une baisse notable sur plusieurs marchés marocains, repassant sous la barre des 50 dirhams le litre en ce début de campagne 2025-2026. Cette détente est principalement attribuée aux importantes précipitations enregistrées ces derniers mois, qui ont favorisé une récolte abondante d’olives et des rendements élevés, contrastant fortement avec la saison précédente marquée par la rareté et des niveaux de prix historiquement élevés.
Dans des régions oléicoles comme Laâttaouia, dans la province d’El Kelaâ des Sraghna, les acteurs de la filière confirment une baisse significative des cours. Abdelkrim, représentant d’une coopérative locale, explique que «l’abondance de la production, directement liée aux pluies généreuses, a mécaniquement entraîné une chute des prix». Selon lui, les olives se négocient actuellement entre 4 et 4,5 dirhams le kilogramme, tandis que l’huile d’olive, notamment la variété Haouzia, se vend entre 40 et 50 dirhams le litre.
Une amélioration pour le consommateur, une pression pour le producteur
Si cette évolution est favorable aux consommateurs, elle fragilise toutefois une partie des agriculteurs. «À ces niveaux de prix, les recettes couvrent difficilement les charges annuelles», déplore Abdelkrim, soulignant la hausse persistante des coûts de production et la pénurie de main-d’œuvre. Une part importante de la récolte reste encore sur les arbres, faute de bras pour assurer la cueillette, un problème structurel qui pèse de plus en plus sur la rentabilité des exploitations.
Du côté des unités de transformation, le constat est similaire. Abdellah, directeur qualité dans une huilerie de la région, met en avant le rôle déterminant des conditions climatiques. «Cette année, la pluie a été au rendez-vous. Lorsque l’eau est disponible, le rendement suit naturellement», explique-t-il, soulignant que la hausse des volumes d’olives traitées explique la détente actuelle des prix sur le marché de l’huile.
Un retournement marqué par rapport à la saison précédente
Rachid, représentant d’une autre coopérative, rappelle que l’huile d’olive se négociait entre 100 et 120 dirhams le litre l’an dernier, dans un contexte de pénurie aiguë. «Aujourd’hui, elle s’échange autour de 45 dirhams le litre. Les consommateurs, attirés par ces prix redevenus accessibles, reviennent s’approvisionner plus régulièrement», observe-t-il.
Il précise toutefois que la campagne avait débuté fin octobre sur des bases bien plus élevées, avec un kilogramme d’olives vendu entre 8 et 8,5 dirhams, contre 4,5 à 5 dirhams actuellement. Les rendements, estimés entre 17% et 19%, contribuent à maintenir les prix de l’huile à un niveau abordable pour les ménages, mais au détriment de la marge des producteurs.
Une tendance baissière appelée à se poursuivre
Pour Omar, également représentant d’une coopérative, la baisse des prix n’a pas encore atteint son point bas. «L’huile d’olive se vendait encore autour de 70 dirhams au début de la saison. Elle est aujourd’hui à 50 dirhams et devrait continuer à reculer», anticipe-t-il. Selon lui, l’amélioration progressive du rendement au fil de la récolte devrait accentuer cette tendance.
Dans ce contexte, la campagne 2025-2026 s’annonce exceptionnelle sur le plan quantitatif, portée par un climat favorable. Si elle redonne du pouvoir d’achat aux consommateurs, elle met en lumière les fragilités structurelles de la filière oléicole, confrontée à l’augmentation des charges, à la rareté de la main-d’œuvre et à la nécessité de mieux équilibrer la création de valeur entre producteurs et marchés.
Avec Le360
