Jeux vidéos : des parlementaires appellent à l’interdiction de Roblox et Free Fire

La question de l’exposition des mineurs aux plateformes numériques jugées dangereuses s’invite au cœur du débat parlementaire. Des députés de la majorité comme de l’opposition appellent le gouvernement à agir rapidement pour restreindre l’accès des adolescents aux réseaux sociaux et encadrer certains jeux vidéo en ligne, citant notamment Roblox et Free Fire, accusés de favoriser l’addiction et d’exposer les jeunes à des contenus inadaptés.
Selon le quotidien Al Akhbar, plusieurs élus ont interpellé l’Exécutif sur les dérives liées à l’usage intensif de ces plateformes par des adolescents considérés comme particulièrement vulnérables sur les plans psychologique et éducatif. L’absence de mécanismes de contrôle efficaces et l’accessibilité quasi illimitée de ces contenus sur smartphones et ordinateurs suscitent une inquiétude croissante au sein de l’hémicycle.
Dans des courriers adressés au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaïd, Najwa Koukous, députée du Parti authenticité et modernité (PAM), appelle à l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de quinze ans. Membre de la Commission de la justice, de la législation, des droits de l’Homme et des libertés, elle plaide également pour un encadrement strict des plateformes numériques jugées nocives pour les enfants.
La députée souligne le vide juridique actuel et l’insuffisance des dispositifs de contrôle, estimant qu’un cadre légal clair est nécessaire pour garantir une protection effective des mineurs et promouvoir une éducation numérique plus saine.
La question des jeux vidéo en ligne a également été soulevée par Rachid Hammouni, président du groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Dans une question écrite adressée à la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, il appelle à bloquer l’accès à certaines plateformes de jeux, dont Roblox et Free Fire, rappelant que plusieurs pays ont déjà pris des mesures similaires pour protéger leurs adolescents.
Selon le député du PPS, ces jeux présentent des risques sérieux en raison de contenus jugés violents, érotiques ou inadaptés à l’âge des utilisateurs. Il met également en cause des règles de fonctionnement qui ne distinguent pas clairement les mineurs des adultes, ouvrant la voie à des pratiques frauduleuses, au vol de monnaies virtuelles, au phishing et à d’autres comportements à risque.
Pour la ministre Amal El Fallah Seghrouchni, ce débat ne peut plus rester cantonné à la sphère familiale. Il doit, selon elle, être porté dans l’espace public afin de renforcer la sensibilisation aux dangers de l’exposition numérique précoce et de définir des mesures adaptées pour lutter contre les addictions digitales et leurs conséquences.
À travers ces interpellations, les parlementaires appellent à une prise de conscience collective et à une action publique plus ferme face à un phénomène qui touche de plus en plus de familles, posant la question de l’équilibre entre liberté numérique, protection de l’enfance et responsabilité des pouvoirs publics.
