
Maroc Telecom clôture 2025 sur un exercice solide, marqué par une exécution jugée « en ligne avec les objectifs » et par deux faits structurants: la montée en puissance des filiales Moov Africa et la bascule du dossier du dégroupage vers un nouvel équilibre, sur fond de lancement opérationnel de la 5G au Maroc. Dans un environnement concurrentiel et macroéconomique décrit comme exigeant, le groupe revendique la robustesse de son modèle, une discipline de coûts et une capacité d’investissement soutenue.
Sur l’année, la base clients atteint près de 77 millions d’abonnés, en hausse de 3,6%, tirée principalement par l’international, tandis que le parc au Maroc reste stable autour de 22 millions. Le chiffre d’affaires consolidé ressort à 36,7 milliards de dirhams, quasi stable en données publiées, mais en progression à périmètre et change constants, portée par la performance des filiales africaines. Cette dynamique internationale contraste avec le marché domestique, où les revenus reculent sur l’ensemble de l’exercice, malgré une amélioration au dernier trimestre grâce à la reprise de la data mobile et à la poursuite de la croissance de la data fixe, alimentée par l’expansion du FTTH.
La rentabilité demeure élevée. L’EBITDA se maintient au-dessus du seuil des 50% du chiffre d’affaires, malgré un tassement sur l’exercice, conséquence notamment du repli de l’EBITDA au Maroc, partiellement compensé par la progression dans les filiales. Le résultat net part du groupe s’affiche à près de 7 milliards de dirhams, dopé par des éléments exceptionnels liés à l’accord avec Wana Corporate sur le dégroupage, tandis que les indicateurs ajustés traduisent une évolution plus modérée, légèrement en retrait.
L’investissement reste, lui, au cœur de la stratégie. Maroc Telecom indique un niveau de capex hors fréquences et licences équivalent à 25,6% des revenus, en ligne avec l’objectif annoncé, dans la continuité de l’effort engagé pour le déploiement de la 5G. La situation financière apparaît maîtrisée, avec une dette nette ramenée à 0,9 fois l’EBITDA. Fort de ces équilibres, le conseil d’administration proposera à la prochaine assemblée générale la distribution de 3,5 milliards de dirhams de dividendes, soit 4 dirhams par action.
Pour 2026, le groupe table, à périmètre et change constants, sur une croissance du chiffre d’affaires et de l’EBITDA, tout en maintenant une intensité d’investissement proche de 25% des revenus (hors fréquences et licences). Derrière ces orientations, Maroc Telecom parie sur la monétisation des usages data, la poursuite de l’innovation et l’extension de ses infrastructures, au Maroc comme dans ses marchés africains, pour soutenir une trajectoire de croissance durable.
