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Officines : Ahmed Rahhou défend l’assouplissement du chaînage et l’ouverture du capital aux noms phmarmaciens

Le secteur pharmaceutique marocain est secoué par une vive controverse après la transmission au gouvernement d’un projet d’avis du Conseil de la concurrence recommandant notamment l’ouverture du capital des pharmacies d’officine, la dérégulation des horaires et un assouplissement du chaînage officinal. Ce document, qui devrait être rendu public début mars, a ravivé les tensions entre l’autorité de régulation et les représentants de la profession.

Au cœur du débat figure la possibilité pour des investisseurs non pharmaciens d’entrer au capital des officines, une évolution qui rappellerait l’ouverture des cliniques privées à des actionnaires non praticiens. Selon le Conseil de la concurrence, cette réforme pourrait améliorer la qualité du service pharmaceutique en assurant une meilleure continuité des horaires, une gestion optimisée des équipes et une disponibilité accrue des médicaments grâce à la mutualisation des achats et des stocks. Elle permettrait également, selon l’argumentaire présenté aux professionnels, de réduire les inégalités territoriales en facilitant l’implantation ou le maintien de pharmacies dans les zones fragiles.

L’autorité cite l’exemple de pays comme le Royaume-Uni, où des réseaux structurés tels que Boots ou Lloyds Pharmacy garantissent une large amplitude horaire et une organisation rationalisée des services. Toutefois, le Conseil reconnaît les risques d’une telle ouverture, notamment la concentration excessive du marché, l’émergence de chaînes dominantes ou encore des conflits d’intérêts susceptibles d’affaiblir les pharmacies indépendantes.

La question de l’indépendance professionnelle constitue un point central. Le Conseil insiste sur la nécessité de préserver le rôle sanitaire du pharmacien, en renforçant juridiquement son statut d’autorité autonome et en interdisant toute ingérence économique dans les décisions thérapeutiques. Il propose également des garde-fous pour limiter la concentration, à l’image de plafonds d’officines par opérateur ou de restrictions sur l’entrée au capital d’acteurs puissants tels que les industriels, cliniques, assurances ou groupes de grande distribution.

Parmi les pistes évoquées figurent le maintien de critères territoriaux stricts pour l’implantation des officines, l’instauration de mécanismes de solidarité sectorielle pour soutenir les zones sous-dotées, ainsi que l’encouragement de modèles coopératifs entre pharmaciens afin de mutualiser les moyens tout en conservant l’indépendance capitalistique.

Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu la profession. La Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM) dénonce une orientation qu’elle estime favorable à des intérêts financiers au détriment de la sécurité médicamenteuse nationale. Pour les syndicats, la pharmacie d’officine ne peut être assimilée à une activité commerciale classique, mais relève d’un service de santé soumis à des impératifs éthiques et déontologiques. Ils redoutent qu’une ouverture du capital transforme le pharmacien en exécutant de stratégies commerciales et menace l’équilibre territorial du réseau.

Plusieurs organisations professionnelles ont annoncé leur disposition à engager des actions de protestation, y compris une grève générale, si les recommandations venaient à être maintenues. Le débat s’annonce ainsi déterminant pour l’avenir du modèle officinal marocain, entre ouverture à la concurrence et préservation d’un cadre strictement encadré au nom de la santé publique.

Source: Le360

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