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Voiture électrique: le Maroc devient le deuxième marché africain et prépare déjà la prochaine étape

Le Maroc confirme son avance dans la mobilité électrique en Afrique. Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Royaume a enregistré 5.500 ventes de voitures électriques en 2025, soit 22% du marché africain, se classant ainsi au deuxième rang continental derrière l’Égypte et devant l’Afrique du Sud.

Cette performance est d’autant plus remarquable que le marché africain reste encore embryonnaire à l’échelle mondiale. Sur les près de 25.000 véhicules électriques vendus en Afrique l’an dernier, trois pays seulement – l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud – concentrent près de 70% des ventes.

Pour le Maroc, cette progression traduit une transformation progressive des habitudes de consommation automobile. Longtemps réservé à une clientèle de niche, le véhicule électrique commence à trouver sa place auprès d’un public plus large, soutenu par l’arrivée de nouveaux modèles, notamment chinois, dont les prix deviennent plus compétitifs.

L’un des enseignements majeurs du rapport est d’ailleurs la montée en puissance des constructeurs chinois sur le marché africain. Grâce à des véhicules plus accessibles financièrement, ces marques accélèrent la démocratisation de la mobilité électrique dans plusieurs pays émergents, dont le Maroc.

Mais l’enjeu marocain dépasse largement les seules ventes automobiles. Le Royaume cherche désormais à se positionner sur l’ensemble de la chaîne de valeur du véhicule électrique. L’AIE souligne notamment les investissements importants attirés par le Maroc dans la production de batteries lithium-fer-phosphate (LFP), une technologie devenue centrale dans l’industrie mondiale.

Cette stratégie pourrait permettre au pays de profiter d’un double levier : développer un marché intérieur en croissance et attirer des activités industrielles à forte valeur ajoutée destinées à l’export.

L’émergence de Neo Motors, premier constructeur automobile marocain à commercialiser un modèle électrique, s’inscrit également dans cette dynamique. Même si les volumes restent encore modestes, l’initiative témoigne de la volonté du Maroc de ne pas se limiter au rôle d’importateur ou d’assembleur.

Pour les consommateurs, la montée en puissance du véhicule électrique pourrait progressivement se traduire par un élargissement de l’offre, une baisse des coûts d’acquisition et un développement plus rapide des infrastructures de recharge. Le principal frein demeure toutefois le prix d’achat, encore élevé pour une grande partie des ménages marocains.

Au-delà du marché automobile, l’enjeu est aussi énergétique. Dans un pays fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, l’électrification progressive du parc automobile pourrait contribuer à réduire la facture énergétique nationale tout en accompagnant le développement des énergies renouvelables.

Le Maroc reste encore loin des grands marchés mondiaux où les ventes se comptent en millions d’unités. Mais en devenant le deuxième marché africain de la voiture électrique et en attirant les investissements liés aux batteries, le Royaume est en train de se positionner comme l’un des principaux pôles africains de la mobilité électrique.

La prochaine étape sera déterminante : transformer cette avance commerciale en véritable écosystème industriel capable de créer des emplois, de produire localement et de rendre la mobilité électrique accessible à un nombre croissant de consommateurs marocains.

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