Emploi: pourquoi les jeunes Marocains peinent toujours à trouver leur place sur le marché du travail

Malgré les grands projets industriels, les investissements massifs et la modernisation de l’économie marocaine, le chômage des jeunes continue de progresser. En 2025, plus d’un jeune sur trois âgé de 15 à 24 ans était sans emploi, selon les données du Haut-Commissariat au Plan, révélant un décalage persistant entre la croissance économique et les attentes des nouvelles générations.
La situation apparaît encore plus préoccupante lorsque l’on tient compte de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui englobe les chômeurs, les personnes découragées et les jeunes contraints d’accepter des emplois précaires ou à temps partiel. Au début de l’année 2026, ce phénomène concernait plus de 45% des 15-24 ans, soit près d’un jeune sur deux.
Pour de nombreuses familles, l’accès à l’emploi reste ainsi l’une des principales préoccupations, malgré les efforts consentis dans l’éducation et la formation. Le diplôme ne constitue plus systématiquement une garantie d’insertion professionnelle, notamment pour les filières généralistes, dont les débouchés apparaissent parfois limités.
À l’inverse, plusieurs secteurs en pleine expansion, comme le numérique, la logistique, les énergies renouvelables ou certaines industries technologiques, peinent à recruter des profils techniques qualifiés. Ce décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises nourrit un sentiment de frustration chez de nombreux jeunes diplômés.
La question de la première expérience professionnelle constitue également un obstacle majeur. De nombreux employeurs exigent des compétences opérationnelles ou des expériences préalables, alors même que les passerelles entre l’université et l’entreprise restent insuffisantes. Les stages, l’apprentissage et le développement des compétences comportementales deviennent ainsi des éléments déterminants pour faciliter l’insertion.
Par ailleurs, le nouveau modèle industriel marocain, davantage orienté vers des activités à forte valeur ajoutée, s’appuie largement sur l’automatisation, le numérique et l’intelligence artificielle. S’il renforce la compétitivité du pays, il génère parfois moins d’emplois que les secteurs traditionnels qui absorbaient autrefois une main-d’œuvre importante.
Les experts appellent désormais à une meilleure coordination entre les politiques de formation, les besoins réels des entreprises et les stratégies d’investissement. L’objectif est de permettre aux jeunes Marocains de bénéficier pleinement de la dynamique économique actuelle et de transformer la croissance en opportunités concrètes d’emploi et d’ascension sociale.
Avec FNH
