iA: comment le marché du travail marocain se prépare à une profonde mutation

L’intelligence artificielle générative transforme progressivement le monde du travail et oblige entreprises, salariés et établissements de formation à repenser leurs modèles. Si cette révolution technologique ouvre de nouvelles perspectives, elle suscite également des interrogations sur l’avenir de nombreux métiers et sur les compétences qui seront recherchées demain.
Réunis récemment à Casablanca lors d’une conférence organisée par la BMCI et l’École Centrale Casablanca, dirigeants et experts ont souligné l’importance d’une adoption responsable de l’IA, plaçant l’humain au cœur des transformations. Pour les entreprises, l’enjeu consiste moins à remplacer les collaborateurs qu’à améliorer leur productivité et à renforcer leur capacité d’innovation.
Les effets sur l’emploi pourraient néanmoins être considérables. Selon une étude du Centre africain des études stratégiques et de la digitalisation (CAESD), près de 1,5 million de postes au Maroc pourraient être profondément transformés d’ici 2030, tandis que plusieurs millions d’autres seraient partiellement concernés par l’automatisation de certaines tâches. Les secteurs de l’offshoring, de la banque, du textile et de l’industrie automobile figurent parmi les plus exposés.
Pour les consommateurs et les salariés, cette évolution pose une question essentielle: comment préserver l’employabilité dans un environnement où les métiers évoluent rapidement? Les spécialistes insistent sur le rôle central de la formation continue, de l’acquisition de nouvelles compétences numériques et du développement des qualités humaines que les machines ne peuvent reproduire, comme la créativité, l’esprit critique ou la capacité de décision.
Cette transformation concerne également le système éducatif. Plusieurs pays ont déjà adapté leurs cursus pour intégrer davantage l’intelligence artificielle, la robotique et les technologies numériques. Le Maroc dispose, lui aussi, d’atouts importants grâce à ses écoles d’ingénieurs, ses universités et son écosystème entrepreneurial, qui pourraient faire de cette révolution un levier de compétitivité et de création de valeur.
Car si certains métiers sont appelés à évoluer ou à disparaître, de nouvelles opportunités émergent également. Les experts estiment que l’IA pourrait générer près de 180.000 emplois supplémentaires au Maroc à l’horizon 2030, notamment dans les domaines de la data, du développement technologique, de la cybersécurité ou encore de la supervision des systèmes intelligents.
Le défi consiste désormais à accompagner cette transition afin que l’intelligence artificielle demeure un outil au service de l’humain, capable d’améliorer la qualité du travail, de soutenir la croissance économique et d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes générations.
Avec L’Economiste
