L’Université Internationale de Casablanca poursuit son cycle de conférences internationales avec une rencontre autour de l’Europe et des frontières

L’espace Schengen, né il y a plus de trente ans, est aujourd’hui remis en cause. Avec le BREXIT, l’afflux des réfugiés et des migrants et l’augmentation des menaces pour la sécurité, L’Union Européenne (UE) entre dans une nouvelle réalité qui remet en question ses frontières dans les termes d’une nouvelle représentation de la réalité européenne.

Or, comment l’Europe communautaire se pense-t-elle ? Et quels sont les points de vue de ses Etats-membres mais aussi de certains pays extérieurs entretenant des liens particuliers avec l’UE : pays candidats et pays associés ? Au-delà des points de vue qui peuvent différer d’un Etat à un autre, le déplacement des frontières intérieures et extérieures de l’Europe remet en cause sa stratégie interne (son économie, sa gouvernance et sa vie sociale) et sa stratégie externe (élargissement, politiques de voisinage, coopération Nord-Sud).

Ces questionnements ont été à l’ordre du jour de la 23e Conférence Internationale du réseau PGV, qui a eu lieu à l’Université Internationale de Casablanca les 14 et 15 septembre 2017 sous le titre “La remise en cause des frontières : une nouvelle représentation de la réalité européenne”.

« L’accueil de la XXIII Conférence Scientifique du Réseau PGV par l’Université Internationale de Casablanca tombe à point nommé. Ce choix témoigne de l’importance accordée au Maroc en matière d’approfondissement de la politique de voisinage de l’Union Européenne, à un moment où le débat sur l’avenir du vieux continent et ses rapports avec le monde n’ont jamais été aussi vifs et cruciaux. Il convient de rappeler que ce réseau est constitué par plus de 50 Institutions d’enseignement et de recherche appartenant à 12 pays européens et du pourtour méditerranéen. Les communications qui ont été présentées, ainsi que les analyses et débats qui ont été engendrés seront apporteurs d’une grande valeur ajoutée en termes de connaissances et d’identification d’axes de réflexion et de recherche. » a déclaré Mr Tawfiq Rkibi, Secrétaire Général du réseau PGV.

Ces 2 jours de rencontres et de débats se sont articulés autour de trois axes :

  • L’Union européenne et ses frontières

Ce thème porte sur les dimensions historiques et conceptuelles de la notion de frontière : pluralisme et différenciation des formes de frontières (politiques, culturelles, imaginaires, déplacée) et leur caractère évolutif. La remise en cause des frontières, si elle se confirme, entraînera une remise en cause de la stratégie de l’UE. Quels changements doit-on attendre pour elle : nouvelles ambitions, poursuite ou abandon des élargissements, engagement dans les zones de conflits, polycentrisme, protectionnisme, déconstruction ?

  • Quelles stratégies d’acteurs ?

Entreprises, sociétés, consommateurs et marchés : comment les acteurs économiques, politiques et sociaux à différentes échelles (du local au global) participent à construire et déconstruire les frontières ? Comment sont-ils impliqués et quels rôles jouent-ils dans les processus de coopération ou protection, dans la lutte environnementale, dans les stratégies d’expansion, de regroupement, d’accords régionaux ?

  • Le BREXIT est-il le signe d’une Europe en voie de déconstruction ?

Le BREXIT est-il un révélateur de la difficulté à satisfaire des intérêts incompatibles (fédéralisme et souverainisme) ? Remet-il en cause des éléments majeurs de la construction européenne (frontières, traités, représentations) ?