Le prix du mouton peut représenter la moitié de votre salaire!

mouton aid 9 septembre 2016 food boisson

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La charge du Aid Kébir vous est lourde, vous le ressentez mais vous avez du mal à l’exprimer en chiffres ? Le HCP vous en livre la radiographie détaillée, chiffrée.

Alors, selon ce dernier, le prix moyen du mouton a augmenté en moyenne annuelle de 4% depuis 2001. Il était de 1.100 dirhams en 2001, il a grossi de plus de 700 dirhams en 2013. C’est un prix moyen donc pas très révélateur des réalités individuelles. En revanche, un autre chiffre est autrement plus intéressant. Ce chiffre nous dit combien représente le prix du mouton par rapport au salaire du ménage. Et bien il peut dépasser la moitié du revenu de la famille pour atteindre parfois la part 57% ! Un phénomène observé notamment chez les plus pauvres.

L’étude HCP révèle par ailleurs que, contrairement à l’idée reçue, il y a de plus en plus de marocains qui n’observent pas le rituel du Aid Kébir. Ainsi, selon les données des enquêtes nationales sur la consommation et les dépenses des ménages, «le rituel du sacrifice à l’occasion de la fête de l’Aid Al Adha n’est pas accompli par l’ensemble des ménages marocains : 4,7% d’eux ne l’ont pas accompli en 2013. Cette proportion a baissé, comparativement à la période 2000/2001, où elle avait atteint 5,2%», explique le HCP. L’institution précise que «le non accomplissement de ce rituel est plus souvent le fait des ménages citadins et individuels». Ainsi, «les ménages urbains sont plus enclins à ne pas sacrifier du mouton que les ruraux (5,9% contre 2,5%). Les ménages individuels constituent la catégorie la moins concernée par le sacrifice de l’Aid Al Adha (46,5%). Cette proportion tombe jusqu’à 0,8% pour les ménages composés d’au moins 6 personnes».

Par ailleurs, il s’avère que plus on est riche et instruit plus on a tendance à se soustraire à cette obligation religieuse. Près de 12% des ménages appartenant au 10% de la population la plus aisée ne sacrifient pas de mouton à l’occasion de l’Aid, contre moins de 2% pour les ménages relevant des 10% de la population la plus pauvre. De même, 11,6% des chefs de ménage d’un niveau d’enseignement supérieur s’inscrivent dans cette tendance, contre 4% pour les chefs de ménage sans niveau d’instruction.

Des données qui montrent bien à quel point la société marocaine est en train de muter vers un modèle de moins en moins tribal et de plus en plus individualisé…