Covid19: les applications de traçage, un fiasco mondial?

Il y a quelques jours le Maroc lançait officiellement son application de traçage Covid19 baptisée Wiqaytna.

24 heures après la mise en ligne, on annonçait déjà 100.000 téléchargements, soit près de 0,3% du total de la population.

Comment apprécier ce chiffre?

D’abord, n’étant pas officiel, il est à prendre avec beaucoup de précaution. Ensuite, il demeure trop faible pour signifier quelque chose.

Mais est-ce que cette faiblesse est spécifique au Maroc qui, rappelons-le, a fait le choix du volontariat?

A ce propos, StopCovid, l’équivalent français de Wiqatyna, a réalisé 600.000 téléchargements depuis son lancement le 2 juin. C’est 6 fois le chiffre marocain mais on est toujours à une part inférieure à 1% de la population.

En Italie, les premiers résultats annoncent 500 000 téléchargements en 24 heures. D’après euronews, « l’application est actuellement la plus téléchargée dans le pays, alors même qu’elle ne sera disponible que le 8 juin prochain dans quatre régions sous forme de tests. Les seize autres suivront une semaine plus tard ».

En revanche, « à peine 6% de la population autrichienne aurait téléchargé l’application ».

« Les chiffres sont plus impressionnants en Islande. Selon le magazine du Massachusetts Institute of Technology (MIT), plus de 35% de la population l’aurait téléchargée ».

En Australie, après une semaine de son lancement, « près de deux millions de citoyens (sur 25 millions d’habitants) ont téléchargé l’application «COVIDSafe ».

Dans les pays asiatiques, cités comme des eldorados de ces applications de traçage, le succès est beaucoup plus franche. Ainsi, « plus de 100 millions de personnes l’ont téléchargée en Inde, soit presque un Indien sur dix » (sachant que c’est obligatoire).

A Singapour,« selon des chiffres officiels, l’application a été téléchargée par environ 1,1 million de personnes, environ 1 personne sur 5 ».

Or, d’après les experts, pour être efficace, « 60 % voir 75% de la population doivent télécharger l’application de traçage pour que celle-ci remplisse son rôle d’alerte en cas de contact avec une personne porteuse du virus ».

Et c’est là l’un des principaux problèmes rencontrées par les applications de traçage dans les pays qui ont fait le choix du volontariat. Ce qui les rend complètement inutiles.

A titre d’exemple, en Australie l’application a permis de détecter un seul et unique cas de contamination!

D’autres pays ont fait le choix de l’obligation, parfois sous menace d’être sanctionné!

Ainsi, la Chine et la Turquie n’ont pas hésité à rendre leur version obligatoire. Cela quad au Qatar, le non-téléchargement se double d’une peine de trois ans de prison!

Alors, ne vaut-il pas mieux prévenir?!