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Evénementiel : De nouvelles tendances et une niche très porteuse

Les séries étrangères, celles américaines en particulier, ont introduit de nouvelles tendances événementielles. Durant les dix dernières années, les jeunes Marocaines organisent leur soirée d’enterrement de vie de jeune fille, les jeunes mamans leur Baby Shower et plus récemment encore leur Gender Reveal. Des festivités inconnues et inhabituelles pour la société marocaine. «Au Maroc, les mères organisaient, la veille de la cérémonie du henné, l’après-midi un hammam auquel étaient conviées les cousines et les amies proches de la mariée. Aux futures mamans, on offrait, au septième mois de la grossesse, un après-midi henné pour les amies et la famille. Animation, nekacha et repas étaient prévus. Ces événements font partie de la tradition marocaine et étaient organisés par les mamans, les tantes et les grands-mères. Aujourd’hui, on fête de nouveaux événements qui étaient jusque-là inconnus», explique Khadija Berrada, organisatrice d’événements. Le marché est très tendance et la concurrence se fait de plus en plus vive. «C’est une petite niche certes mais qui connaît un développement certain, parce que les jeunes sont très au fait de ce qui se fait dans les sociétés occidentales, d’une part, et, d’autre part, ils vivent pendant un certain temps en Europe ou aux USA et donc adoptent un mode de vie différent», précise Mme Berrada qui souligne que la demande provient principalement des catégories socioprofessionnelles supérieures. Donc une clientèle aisée prête à payer le prix pour des festivités tendances ou «in».
Le marché compte une bonne dizaine d’organisateurs, ou planners, qui sont prêts à répondre aux exigences les plus fantaisistes d’une clientèle concentrée dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech. Que fêtent-ils ? Et à quel prix ?
Anniversaires pour enfants et adultes, enterrement de vie de jeune fille ou jeune garçon, fiançailles, circoncisions, Baby Shower et Gender Reveal. Des événements personnalisés et inoubliables. Voilà ce que demandent les clients. Mais des clients aisés, faut-il le souligner, car les prix ne sont pas à la portée de tous.

Une petite niche certes mais très porteuse, selon les professionnels…
Pour Mouna Deroual, qui a monté son affaire fin 2019, «c’est certes nouveau au Maroc, puisque ce n’est qu’au début des années 2000 que l’on a commencé à organiser ces événements, mais c’est très porteur et c’est surtout un travail minutieux qui demande une forte implication et une grande imagination des organisateurs. Il faut avoir la fibre festive pour faire ce travail». Avec sa sœur, elle s’est lancée dans cette aventure, perturbée certes par la crise sanitaire, mais qu’elle tient à qualifier de «douce et généreuse, parce que l’on se donne entièrement pour organiser des événements inoubliables». Les professionnels sont tenus par une obligation de résultat, explique Mme Berrada, «dans la mesure où tout doit être parfait et répondant aux souhaits du client. Donc, nous prenons en charge l’organisation totale de l’événement, de la décoration, la confection des gâteaux et parfois même jusqu’à la proposition du lieu de la fête». Qualifiant leur activité d’artistique, ces planners disent avoir souvent organisé des soirées thématiques ou encore des événements, alliant le traditionnel et le moderne. Ainsi, pour une «Gender Reveal», une fête de la révélation organisée par les parents d’un enfant à naître au cours de laquelle le sexe de ce dernier est révélé aux proches, les clientes font appel également à une hennaya pour maintenir la tradition du henné du septième mois. Lors de cette fête de la révélation, l’annonce du sexe du bébé est faite à la suite de la découpe d’un gâteau dont l’intérieur est bleu ou rose ou par des ballons ou encore des explosifs colorés. Toujours en liaison avec la naissance, les jeunes mamans organisent des Baby Shower, qui se déroulent entre amies et proches. On sert des boissons, des gâteaux et autres douceurs, tout comme les invités offrent des cadeaux. S’ouvrant sur des coutumes qui sont différentes des nôtres, les clientes allouent un budget allant de 15 000 à 30 000 dirhams. «Parfois même plus, en fonction des exigences de la future maman qui peut prévoir des souvenirs, une séance de shooting. Soit une séance de photos avec un professionnel parfois sous un thème précis», avance Mme Deroual. Concernant les buffets, les organisateurs soulignent que les gâteaux américains et les Candy Bars sont très prisés. L’offre consiste en des sweet tables composées de chocolat, de bonbons, cupcakes et gâteaux américains. «C’est la tendance, car les clientes ont, pour la majorité d’entre elles, beaucoup voyagé, vécu ou encore effectué leurs études à l’étranger. Cependant, pour faire plaisir à la mère ou la grand-mère, on inclut de la pâtisserie marocaine parfois revisitée pour être dans la tendance moderne…», explique Khadija Berrada. Le gâteau d’anniversaire, de mariage ou pour autre occasion est facturé par personne. Soit entre 150 et 200 dirhams la part. Parfois bien plus. Ainsi, par exemple pour un mariage de 300 invités, le gâteau est facturé à 60 000 dirhams !
Pour les anniversaires, les prix à la part sont plus raisonnables et se situent entre 50 et 70 dirhams selon les ingrédients du gâteau. Globalement, un anniversaire coûtera entre 350 et 400 dirhams par enfant. Un prix qui englobe le gâteau, les surprises, animation, boissons et décoration thématique, etc. Pour un anniversaire d’adulte, le prix est de 500 à 600 DH par personne, y compris notamment boissons, buffet et animation. Les coutumes ont bel et bien changé, avance Mme Berrada «et l’on est loin des petits anniversaires en famille où souvent les gâteaux étaient faits maison, quelle que soit la catégorie sociale de la famille. Aujourd’hui, le changement du mode de vie et l’ouverture vers le monde sont notoires et les familles s’y plient de plus en plus. Ce qui constitue une bonne opportunité pour nous autres professionnels». Des professionnels qui ont, comme tous les autres secteurs, connu une année 2020 difficile. Mais, depuis janvier, les deux planners soulignent «une reprise d’activité qui va certainement se poursuivre les mois à venir, notamment avec l’été où sont organisés les mariages, les fiançailles ou encore les remises de diplômes». Elles se frottent, avec prudence tout de même, déjà les mains tout en gardant à l’esprit que la niche est aussi de plus en plus concurrentielle.

Source: La Vie Eco

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