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Britney Spears : tout comprendre à la tutelle contestée par la star

La chanteuse américaine avait de nouveau rendez-vous avec la justice mercredi pour tenter de faire lever sa tutelle, en place depuis 2008. Elle a gagné une première bataille, mais la guerre contre son père n'est pas terminée.

Cela fait déjà treize ans que Britney Spears, l’iconique chanteuse des années 2000, est placée sous tutelle. Mais la star conteste de façon de plus en plus véhémente ce régime, qu’elle juge abusif. En mois d’un mois, elle s’est exprimée deux fois devant la justice pour tenter d’y mettre un terme. On fait le point.

Pourquoi a-t-elle été placée sous tutelle ?

L’artiste de 39 ans a été placée sous ce régime en 2008, après une descente aux enfers très médiatisée. Deux ans plus tôt, son divorce avec Kevin Federline la plonge dans la dépression et la dépendance à la drogue. Elle perd la garde de ses enfants en 2007 et se fait hospitaliser en psychiatrie contre son gré. La presse relate, parfois avec cruauté, ses déboires personnels.

En quoi consiste ce régime ?

Le régime américain du « conservatorship » est comparable à un système de tutelle en France. Il peut être imposée aux plus âgés ou aux personnes souffrant de limitations physiques ou mentales. Dans le cas de Britney Spears, c’est principalement son père, Jamie Spears, qui gère sa tutelle.

Jusqu’en 2019, Jamie Spears contrôlait non seulement le patrimoine de sa fille (estimé à 60 millions de dollars), mais aussi la vie personnelle de sa fille. En raison de problèmes médicaux, il a ensuite transmis cette dernière responsabilité à une tutrice assermentée : Jodi Montgomery. C’est elle qui s’occupe de la santé de la chanteuse et qui décide qui peut lui rendre visite ou non.

En outre, Jamie Spears ne peut plus gérer seul les finances de l’interprète de Toxic depuis l’an dernier : un juge lui a imposé un cogérant professionnel, Bessemer Trust.

Que conteste Britney Spears ?

La mise sous tutelle de l’artiste la prive d’une grande part de son autonomie. Elle souhaite donc qu’elle soit levée. Fin juin, la star de la pop a livré un plaidoyer explosif devant un tribunal de Los Angeles, où elle s’est dite « traumatisée » et « déprimée ». Elle a assuré avoir dû prendre des médicaments pour contrôler son comportement, être empêchée de prendre des décisions concernant ses amitiés ou ses finances, et n’avoir pas pu se faire retirer son stérilet alors qu’elle souhaitait d’autres enfants.

Je veux juste reprendre ma vie, ça fait treize ans et ça suffit

Britney Spears

En larmes, elle a supplié mercredi par téléphone la juge de mettre fin à cette « tutelle abusive », allant jusqu’à dire au tribunal qu’elle pensait à un moment « qu’ils essayaient de (la) tuer ». Britney Spears entretient de longue date des relations difficiles avec son père. Lors de sa dernière prise de parole a dit vouloir une « enquête » contre ce dernier, voire même une « ordonnance de protection ».

En attendant, c’est bien la star qui est responsable de payer les frais juridiques des deux parties, y compris les honoraires élevés des avocats qui s’opposent à elle dans cette affaire.

Un soutien massif…

Les récentes confidences de Britney Spears ont ravivé une nouvelle fois la campagne #FreeBritney (#LibérezBritney en français), orchestrée dans la rue et sur les réseaux sociaux par certains fans passionnés. Des centaines d’entre eux étaient réunis devant le tribunal de Los Angeles mercredi, mais aussi à New York, Phoenix, Londres, Washington, où ils ont organisé des rassemblements de soutien.

Kevin DIETSCH/Getty Images/AFP

La chanteuse a par ailleurs reçu un soutien massif dans le monde de la pop, de son ex-petit ami Justin Timberlake, à Christina Aguilera ou Madonna. Le mouvement #FreeBritney a connu un regain de popularité avec la sortie du documentaire Framing Britney Spears, qui retrace la vie de l’icône.

…et une première victoire

Devant la médiatisation de l’affaire, de nombreux personnages au cœur de ce système complexe et controversé ont pris leurs distances. Samuel Ingham, l’avocat attribué à Britney Spears par un tribunal quelques mois après que la star au crâne rasé n’eut attaqué un paparazzi en 2007, a demandé à être démis de ses fonctions.

Bessemer Trust, la société de gestion financière qui devait assumer le contrôle conjoint de la fortune de Britney Spears avec son père Jamie, a fait de même. Deux demandes validées mercredi par la juge en charge de l’affaire. Larry Rudolph, manager de l’artiste de longue date, a lui aussi quitté le navire.

Et mercredi, la chanteuse a obtenu une première victoire dans sa lutte pour faire lever sa tutelle : la juge l’a autorisée à choisir son propre avocat, ce qu’elle n’était pas en mesure de faire jusqu’ici. Mathew Rosengart, avocat d’autres stars d’Hollywood comme Sean Penn ou Steven Spielberg, représentera désormais l’artiste.

Son conseil prévoit de déposer « dès que possible » une requête afin que son père n’ait plus de contrôle sur ses biens. L’avocat de Jamie Spears a indiqué que ce dernier ne se retirerait pas volontairement, « ayant été présent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au cours des 13 dernières années » pour la popstar.

Le combat n’est pas terminé, mais Britney Spears s’est félicité de cette décision. « On avance les gars… on avance », a salué la star sur les réseaux sociaux, se filmant en train de faire la roue sur une pelouse, en guise de célébration.

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