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Le fisc s’intéresse au niveau de vie des contribuables 

Pour traquer les fraudeurs et les mauvais contribuables, le fisc déploie sa nouvelle arme: le suivi de leur niveau de vie affiché, notamment sur les réseaux sociaux. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

On savait, bien avant la pandémie, que le fisc comptait en faire l’un de ses chevaux de bataille pour traquer les fraudeurs. C’est aujourd’hui une réalité, qui permet déjà de tirer les premières conclusions. Le suivi du niveau de vie des contribuables et sa comparaison avec les revenus déclarés sont devenus la nouvelle arme de la Direction générale des impôts (DGI) pour identifier les sous-déclarations de revenus. Et elle compte sur cette arme pour renflouer les caisses de l’Etat en ces temps où les différents chantiers sociaux nécessitent d’importants investissements publics.

Assabah, dans son édition du mercredi 21 septembre, rapporte ainsi que le fisc dispose, aujourd’hui, de suffisamment d’informations sur les contribuables pour réussir sa lutte contre l’évasion fiscale. D’ailleurs, comme le rapportent les sources du journal, de premières conclusions ont déjà pu être tirées concernant la situation de certaines personnes, notamment celles exerçant dans les professions libérales. A ce niveau, il a été constaté qu’au moins la moitié des contribuables concernés ne déclarent pas de revenu, tandis que ceux qui le font ne drainent dans les caisses de l’Etat que 1,87 milliard de dirhams, soit moins de 5% du total des recettes de l’impôt sur le revenu.

Par ailleurs, les données disponibles auprès de la DGI révèlent que 74% des contribuables déclarent un chiffre d’affaires annuel de moins de 500.000 dirhams, tandis que 65% déclarent des revenus nets annuels ne dépassant pas 50.000 dirhams. Plus globalement, rapporte Assabah, les contribuables faisant partie de la catégorie des professions libérales paient, pour une grande majorité, un impôt annuel de 10.000 dirhams, alors que les salariés faisant partie d’une catégorie comparable paient plus de 82.000 dirhams par an. C’est dire la différence entre ce que doivent réellement payer ces contribuables et le montant dont ils s’acquittent auprès du fisc.

C’est pour corriger cette anomalie que la DGI a lancé sa traque aux fraudeurs et aux mauvais contribuables, en s’intéressant à leur niveau de vie réel. Pour ce faire, ajoute le quotidien arabophone, les réseaux sociaux s’avèrent être une arme redoutable, au regard des informations qu’ils contiennent sur les contribuables ciblés. Beaucoup d’entre eux n’hésitent pas, en effet, à partager sur ces réseaux des aspects de leur vie quotidienne qui permettent de se faire une idée de leurs dépenses, et donc aussi de leurs revenus. Ces informations, ajoutées à d’autres obtenues grâce aux accords de partage de données avec d’autres institutions comme la Conservation foncière, permettent aussi de détecter les biens dont les contribuables en question pourraient être propriétaires sans les avoir forcément déclarés aux impôts. De cette manière, il est espéré de mettre fin à une certaine injustice fiscale et, surtout, de booster les recettes fiscales du pays dans un contexte où le moindre sou récupéré compte.

Source: Le 360

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