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RSE: un impact « énorme » sur les profits

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) permet un impact « énorme » et « immédiat » sur les profits de l’entreprise, a affirmé, jeudi, le directeur du Centre d’intelligence économique de Bank of Africa (BOA), Mamoun Tahri-Joutei.

Intervenant lors d’un webinaire organisé par la Chambre de commerce britannique pour le Maroc (BritCham), l’expert du Pôle Gouvernance & RSE de BOA, a estimé que la responsabilité sociale d’une entreprise devrait être une démarche émanant du propre chef de ses décideurs et d’une réelle culture du changement.

Et de noter que la RSE n’est plus un luxe pour les entreprises, dans un contexte de raréfaction des ressources, mais c’est le minimum requis.

Définissant la RSE comme un concept pluridimensionnel, M. Tahri-Joutei corrèle celle-ci aux valeurs véhiculées par chacune des entreprises. Pour le cas de BOA, cette notion se résume à « rendre à la communauté ce qu’on reçoit » dans la bienveillance et l’accompagnement de l’ensemble de ses collaborateurs, a-t-il expliqué lors de ce webinaire qui est placé sous le thème « Stratégie RSE de l’entreprise: un chemin vers une économie durable ? ».

A ce titre, l’expert a exposé les 6 normes RSE de la Banque qui se basent sur le respect de l’éthique des affaires et des intérêts des clients, la promotion des financements durables et de l’entreprenariat social, l’écoute des collaborateurs et leur accompagnement, la diligence dans l’exercice de la gouvernance et de la gestion des risques, la protection de l’environnement, ainsi que l’action dans l’intérêt de la communauté et le soutien du dialogue avec les parties prenantes.

Notant que le secteur bancaire marocain est « best in class » en matière de responsabilité sociale, M. Tahri-Joutei a fait observer l’approche d’accompagnement de BOA envers toutes ses parties prenantes ‘ressources humaines, fournisseurs et clients) pour favoriser l’adoption d’un comportement responsable et le respect des « best practices » vis-à-vis de leurs environnements respectifs, notamment en ce qui concerne les exigences qu’elle impose pour l’octroi de financements.

« Ensemble nous pouvons avoir le meilleur impact sur les communautés », a-t-il dit, insistant sur le bon sens et l’intelligence collective afin d’asseoir une approche RSE alignée avec la stratégie de l’entreprise qui reste le point de départ permettant d’atteindre processus de l’innovation sociale.

Même son de cloche pour Radia Cheikh Lahlou, experte en RSE et directrice générale du cabinet de conseil « Déclic », qui estime que la responsabilité sociale d’une entreprise résulte de sa capacité à se développer en réduisant les incidences négatives sur son environnement, soulignant qu’elle implique également le préalable de l’équilibre entre les perspectives sociale, sociétale et de bonne gouvernance.

Parallèlement, Mme Cheikh Lahlou a pointé du doigt certaines entreprises qui adoptent une approche réactive et non proactive, en matière de RSE en fonction des évolutions réglementaires.

L’experte, qui a mis en avant la récente circulaire de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) imposant aux émetteurs des reportings RSE, a réfuté le concept d’antan de la responsabilité sociale des entreprises basé sur le financement des associations, les actions caritatives et la « philanthropie », une conception dépassée de la RSE, incompatible avec la réalisation du développement durable, laquelle est appelée à se conformer aux nouveaux principes actuels.

Ainsi, Mme Cheikh Lahlou a préconisé aux entreprises des approches responsables basées sur la promotion de la prospérité partagée, de l’écoute de leur environnement pour une réponse plus adéquate à ses attentes, et surtout de « penser impact à chaque étape de création de valeur ».

« L’entreprise doit rester profitable, innover dans son secteur d’activité et prétendre à avoir le moins d’incidences possible sur son environnement », a, pour sa part, indiqué le directeur général de la Fondation Abdelkader Bensalah, Tarik Maaroufi, pour qui, le Maroc est un terreau fertile pour l’innovation sociale aux seules conditions que l’approche soit collective et l’engagement continu dans le temps.

Et M. Maaroufi de poursuivre: « L’entreprise ne peut plus se contenter aujourd’hui de l’approche actions caritatives ou assistanat qui renforce davantage la précarité et la vulnérabilité des communautés depuis plus d’un quarantaine d’années (…) il est grand temps d’assumer nos responsabilités et d’agir collectivement ».

Dans ce sens, il a mis l’accent sur l’importance primordiale de promouvoir des approches régionales qui vont puiser dans le potentiel des territoires et des communautés et conduire à des initiatives spécifiques propres à l’environnement de chaque entreprise, soulignant la complexité et la multiplicité des défis futurs qui ne sauront être résolus que solutions innovantes pensées dans l’intelligence collective.

Sur un autre registre, le vice-président et directeur général de Spirit AeroSystems, et président de la BritCham, Stephen Orr, a fait observer la volonté des entreprises depuis le déclenchement de la crise sanitaire à conjuguer les objectifs de croissance aux engagements RSE, en tant que moteur de durabilité.

M. Orr a également présenté un certain nombre d’action responsables engagées par l’entreprise qu’il dirige comme, notamment, la déclaration des salariés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), l’amélioration de conditions de travail des employés, ainsi que les efforts consentis en matière d’inclusion et de formation des ressources humaines.

La crise sanitaire a déclenché la réflexion sur une démarche transversale incitant les entreprises à assurer une croissance à long terme en vue d’un développement durable qui intègre à la fois les intérêts de l’entreprise et les obligations sociétales, éthiques et environnementales.

S’engager de manière volontaire dans une démarche RSE est le fruit d’une étroite collaboration entre l’entreprise et ses parties prenantes afin de concilier les attentes et les intérêts de l’ensemble des acteurs. Sur un autre registre prendre part au développement durable est le fruit des efforts consentis afin de concilier protection de l’environnement, efficience économique et justice sociale.

Source: MAP

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